Kano : taux élevés et inflation menacent la survie des petites entreprises
La chambre de commerce de Kano alerte : taux d'intérêt prohibitifs, coût de la vie en hausse et fiscalité multiple asphyxient les PME de l'État, au point de douter de leur survie au quatrième trimestre 2026.

La Chambre de commerce, d'industrie, des mines et d'agriculture de l'État de Kano (DALCCIMA) sonne l'alarme. Dans une note publiée cette semaine, elle prévient que les taux d'intérêt élevés, la flambée des prix et la multiplication des taxes mettent les entreprises locales sous une pression insoutenable. La chambre va jusqu'à s'interroger : combien de petits entrepreneurs pourront tenir jusqu'au dernier trimestre 2026 ? Le constat tranche avec l'image d'une économie nigériane qui se stabilise sur certains indicateurs. Pour DALCCIMA, cette apparente accalmie cache une réalité bien plus dure pour le tissu productif de Kano, l'un des poumons commerciaux du nord du pays.
Le problème n'est pas nouveau, mais il s'aggrave. Les petites entreprises de Kano, souvent familiales, empruntent à des taux qui dépassent les 30 % par an auprès des banques commerciales. Dans le même temps, l'inflation ronge le pouvoir d'achat des clients, et les administrations locales comme fédérales empilent les prélèvements. Résultat : les marges fondent, les investissements sont reportés, et certains patrons préfèrent réduire leurs stocks plutôt que de produire à perte. La chambre cite des cas de commerçants qui hésitent à renouveler leurs crédits, de peur de ne pas pouvoir rembourser si la demande flanche.
Cette situation illustre le dilemme de la politique monétaire nigériane. La Banque centrale du Nigeria (CBN) a relevé son taux directeur pour contenir l'inflation, mais ces décisions se répercutent durement sur le crédit aux PME. À Kano, les opérateurs réclament des mesures ciblées : un accès facilité à des financements à taux réduits, une simplification de la fiscalité locale et un soutien réel à la production. Sans cela, le risque est de voir disparaître des pans entiers du commerce de détail et de l'artisanat, avec des conséquences sociales lourdes dans une région déjà fragile.
Pour l'instant, la chambre de commerce de Kano ne se contente pas de dresser un constat. Elle interpelle les autorités et propose un dialogue avec les banques pour desserrer l'étau. Mais le temps presse : chaque mois qui passe, des entreprises ferment ou licencient. La question n'est plus de savoir si la croissance reviendra, mais combien d'acteurs économiques auront survécu d'ici la fin 2026. Une équation que les pouvoirs publics nigérians ne pourront pas ignorer longtemps.
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