Le Nigeria attire 4,93 trillions de nairas sur les titres de la banque centrale
Lors de l'adjudication OMO du 13 août, la CBN a reçu des offres de 4,93 trillions de nairas pour 600 milliards de titres, signe de l'appétit des investisseurs pour des rendements de 20 %.
Les investisseurs nigérians se bousculent pour capter les rendements élevés offerts par la banque centrale. Lors de l'adjudication des titres OMO (Open Market Operations) tenue jeudi 13 août, la CBN a reçu des soumissions totalisant 4,93 trillions de nairas, alors qu'elle n'avait proposé que 600 milliards de nairas, répartis à parts égales entre des bons à 103 jours et à 138 jours. Le rapport de souscription dépasse huit fois l'offre, un niveau qui traduit la soif de placements sûrs et rémunérateurs dans un contexte où l'inflation ronge les rendements réels.
Ce succès s'explique par le rendement attractif de 20 % offert sur ces titres, bien au-dessus de l'inflation, qui s'établissait à 24,08 % en juillet. Les banques, les fonds de pension et les investisseurs institutionnels se disputent ces papiers émis par la banque centrale pour éponger les excédents de liquidité. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les taux d'intérêt élevés au Nigeria soutiennent le naira sur le marché officiel. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces.
Cette ruée vers les OMO n'est pas anodine. Elle intervient alors que la CBN cherche à stabiliser la monnaie nationale et à maîtriser la masse monétaire. En absorbant les liquidités, elle réduit la pression sur le taux de change, mais cela a un coût : le service de la dette intérieure s'alourdit. Les experts estiment que cette stratégie, si elle se poursuit, pourrait maintenir le naira dans une fourchette étroite à court terme, mais elle ne règle pas les déséquilibres structurels de l'économie.
Au-delà de l'effet d'annonce, ce chiffre record de 4,93 trillions de nairas montre que les investisseurs ont confiance dans la politique monétaire de la CBN, du moins à horizon de quelques mois. Mais cette confiance repose sur des rendements élevés, qui pourraient s'éroder si l'inflation continue de grimper. Le pari de la banque centrale est de maintenir l'attractivité de ses titres sans étouffer le crédit au secteur privé. Un équilibre délicat, qui se jouera dans les prochaines adjudications.
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