InTouch décroche un contrat de dix ans avec l'État gambien
La fintech sénégalaise InTouch s'étend en Afrique anglophone avec un accord de dix ans pour moderniser le suivi des recettes en Gambie, une première hors de son métier historique des paiements.

InTouch change de dimension. La fintech sénégalaise, connue pour ses solutions de paiement digital, a signé un contrat de dix ans avec le gouvernement gambien. Objectif : moderniser le suivi des recettes publiques. L'accord, annoncé cette semaine, marque une sortie nette de son pré carré. Jusqu'ici, InTouch opérait surtout dans les paiements marchands et les transferts pour les particuliers et les commerçants. Là, elle met un pied dans la gestion des finances publiques, un métier bien plus politique et technique.
Pour InTouch, le contrat gambien n'est pas qu'un chiffre d'affaires supplémentaire. C'est une porte d'entrée vers l'Afrique anglophone, un marché de 500 millions d'habitants où les fintechs francophones sont encore rares. La Gambie, enclavée dans le Sénégal, partage une frontière poreuse et des flux commerciaux intenses. Le pays cherche à numériser le recouvrement de ses taxes, notamment aux postes douaniers, pour réduire les fuites de revenus. InTouch apporte son expérience des paiements instantanés et des interfaces marchands. Reste à convaincre les administrations, souvent méfiantes face aux prestataires privés.
Le timing n'est pas anodin. Partout en Afrique de l'Ouest, les États accélèrent la digitalisation de leurs recettes fiscales, sous pression du FMI et de la BCEAO. Le Sénégal a lancé plusieurs appels d'offres ces derniers mois. La Gambie, elle, veut rattraper son retard. Pour les opérateurs de transferts et les banques, ces projets changent la donne : les flux financiers deviennent plus traçables, ce qui peut faciliter les contrôles et réduire les coûts de conformité. Des plateformes comme SendXOF suivent ces évolutions de près, car la numérisation des recettes publiques influence directement la transparence des changes.
InTouch devra toutefois prouver sa capacité à gérer un projet public d'envergure. Les contrats étatiques traînent souvent, les délais s'allongent et les changements politiques peuvent tout remettre en cause. La fintech sénégalaise a bâti sa réputation sur la rapidité et la simplicité. Dans l'administration, c'est une autre paire de manches. Le contrat gambien sera un test grandeur nature. S'il aboutit, il ouvrira la voie à d'autres marchés anglophones, du Ghana au Kenya. S'il échoue, il rappellera que le passage du privé au public n'a rien d'automatique.
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