inDrive appelle à transformer les compétences tech nigérianes en entreprises viables
La plateforme de mobilité inDrive réclame une collaboration renforcée entre employeurs, investisseurs et pouvoirs publics pour que les talents tech nigérians passent des compétences aux entreprises capables de grandir.

Le Nigeria forme chaque année des milliers de développeurs, de data analysts et de spécialistes produit. Le problème n'est pas le vivier : il est dans le passage de l'emploi salarié au projet qui tient debout, lève des fonds et embauche. C'est ce constat qu'a posé inDrive lors d'une table ronde intitulée « Building and Reshaping the Tech Talent Story », organisée à Lagos. La plateforme de mobilité et de livraison, présente dans plus de quarante pays, estime que le goulot d'étranglement se situe moins dans la formation que dans l'écosystème qui entoure les jeunes pousses.
Le discours n'est pas nouveau. Ce qui change, c'est le nombre de voix qui le portent. Les entreprises tech installées à Lagos, Abuja et Port Harcourt peinent à recruter des profils seniors, parce que les meilleurs partent à l'étranger ou montent leur propre structure sans accompagnement. inDrive plaide pour que les employeurs, les investisseurs et les régulateurs travaillent ensemble : contrats plus lisibles, accès au capital d'amorçage, passerelles entre universités et entreprises. Sans cela, le pays continue d'exporter ses cerveaux au lieu de capitaliser dessus.
Le sujet dépasse la seule question de l'emploi. Une start-up nigériane qui grandit, c'est une structure qui paie des salaires en nairas, consomme des services locaux et attire des devises. À l'inverse, un talent qui part travailler à l'étranger envoie de l'argent au pays, mais ne crée pas d'emplois sur place. Les deux modèles coexistent, et le débat porte sur l'équilibre à trouver. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les flux financiers suivent souvent les parcours professionnels.
Reste à savoir si les appels à la collaboration se traduiront en actes. Les incubateurs nigérians réclament depuis des années des incitations fiscales et un accès plus simple au financement. inDrive, de son côté, a intérêt à ce que l'écosystème local monte en puissance : plus de développeurs formés, plus de services numériques à intégrer à sa plateforme. La balle est désormais dans le camp des politiques publiques et des fonds d'investissement, qui n'ont pas encore aligné leurs moyens sur leurs discours.
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