Ghana : l'inflation remonte à 5,5 % en octobre, portée par les transports
Le taux d'inflation annuel du Ghana a atteint 5,5 % en octobre 2026, son plus haut niveau depuis onze mois, contre 5,2 % en septembre. La hausse des coûts de transport pèse sur les prix non alimentaires.

L'inflation ghanéenne repart à la hausse. En octobre 2026, l'indice des prix à la consommation a progressé de 5,5 % sur un an, contre 5,2 % le mois précédent, selon les données publiées par le service statistique national. C'est le plus haut niveau en onze mois. La cause immédiate : les prix des services de transport, qui ont bondi sous l'effet de la hausse des carburants et de la dépréciation du cedi sur les marchés parallèles. Les produits non alimentaires, qui pèsent lourd dans le panier ghanéen, ont tiré l'ensemble vers le haut.
Cette accélération surprend les opérateurs, qui tablaient sur une stabilisation autour de 5 %. Elle complique la tâche de la Banque du Ghana, engagée dans un cycle de baisse des taux directeurs depuis le début de l'année. La banque centrale avait ramené son taux directeur à 25 % en septembre, espérant soutenir le crédit et l'activité. Avec une inflation qui repart, la marge de manœuvre se réduit. Les économistes locaux anticipent désormais un statu quo monétaire lors de la prochaine réunion de politique monétaire, prévue fin novembre.
Pour les ménages, la pression reste concentrée sur les déplacements quotidiens. À Accra, le prix d'un trajet en taxi ou en tro-tro a augmenté de 15 à 20 % depuis juin, selon les relevés de terrain. Les transporteurs justifient ces hausses par le coût du gazole, libéralisé depuis 2025, et par les pièces détachées importées, facturées en dollars. La dépréciation du cedi, qui a perdu près de 9 % face au dollar depuis janvier, renchérit mécaniquement ces intrants. Les commerçants répercutent une partie de ces coûts sur les prix de détail, alimentant une boucle locale.
La situation ghanéenne n'est pas isolée dans la sous-région. Le Nigeria voisin lutte aussi contre une inflation à deux chiffres, et le cedi comme le naira subissent la force du dollar. Pour les entreprises qui importent des biens d'équipement ou des matières premières, chaque mois de tension sur les changes se traduit par des coûts supplémentaires. Les autorités ghanéennes misent sur la prochaine récolte de cacao — dont le pays est le deuxième producteur mondial — pour desserrer l'étau sur les devises et ramener l'inflation sous la barre des 5 % d'ici mars 2027. Un pari loin d'être gagné.
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