FIV : pourquoi de plus en plus d'étrangers viennent se faire traiter au Nigeria
Des experts en fertilité expliquent que le coût plus bas de la fécondation in vitro au Nigeria attire les patients étrangers et la diaspora, un marché en pleine croissance.

Le Nigeria s'impose comme une destination pour la fécondation in vitro. Vendredi, à l'occasion de la réunion conjointe de l'Association for Fertility and Reproductive Health et de l'African Federation of Fertility Societies, des spécialistes ont expliqué pourquoi de plus en plus d'étrangers et de Nigérians de la diaspora viennent se faire traiter sur place. Le facteur principal tient au prix : une cycle de FIV coûte souvent deux à trois fois moins cher à Lagos ou Abuja qu'à Londres, Paris ou New York. À cela s'ajoute une offre médicale qui s'est structurée, avec des cliniques privées capables de rivaliser sur les protocoles et les taux de réussite.
Le mouvement ne date pas d'hier, mais il s'accélère. Des patients arrivent du Royaume-Uni, des États-Unis, du Canada, et de plusieurs pays africains où les services de procréation médicalement assistée restent rares ou trop chers. La diaspora nigériane, forte de plusieurs millions de personnes, joue un rôle moteur : elle connaît le pays, y a souvent de la famille, et compare les devis. Pour ces couples, le calcul est simple. Un traitement complet au Nigeria, déplacement et séjour inclus, reste inférieur à la seule facture clinique en Europe ou en Amérique du Nord.
Le phénomène a un revers. Les experts réunis vendredi ont insisté sur la nécessité d'encadrer davantage le secteur. Toutes les cliniques ne se valent pas, et les patients étrangers n'ont pas toujours les moyens de vérifier les agréments à distance. Le Nigeria ne dispose pas encore d'un registre national obligatoire des cycles de FIV, ce qui complique l'évaluation des résultats réels. Des voix s'élèvent pour exiger des audits indépendants et une transparence accrue sur les taux de naissance vivante.
Pour le pays, l'enjeu dépasse la santé. Le tourisme médical génère des devises, fait tourner hôtels, laboratoires et pharmacies, et crée des emplois spécialisés. D'autres pays africains, comme le Ghana ou le Kenya, commencent à se positionner sur ce créneau. Le Nigeria part avec un avantage : une population immense, une diaspora active et des cliniques déjà rodées. Reste à transformer cet afflux en filière structurée, avec des standards clairs et une visibilité internationale. Sans cela, le bouche-à-oreille continuera de faire le travail, mais de façon désordonnée.
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