Ecobank ouvre un bureau à Pékin et rejoint le système de paiement chinois CIPS
La banque panafricaine Ecobank s'installe à Pékin et signe un accord avec le système de paiement interbancaire chinois CIPS pour faciliter les échanges commerciaux et les investissements entre la Chine et 34 marchés africains.

Ecobank a annoncé l'ouverture d'un bureau de représentation à Pékin et la signature d'un partenariat avec le Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), le réseau de compensation en yuan mis en place par la banque centrale chinoise. L'objectif affiché : fluidifier les échanges entre la Chine et les 34 marchés africains où le groupe est présent. Concrètement, les entreprises chinoises qui commercent avec l'Afrique pourront régler leurs transactions en yuan via le réseau d'Ecobank, et les opérateurs africains accéderont plus directement aux fournisseurs chinois. Le mouvement intervient alors que les échanges sino-africains ont atteint 282 milliards de dollars en 2023, selon les douanes chinoises.
Ce n'est pas une première pour Ecobank, qui dispose déjà de bureaux à Dubaï et Londres pour capter les flux commerciaux. Mais l'ouverture à Pékin marque une étape : la Chine est devenue le premier partenaire commercial du continent, devant l'Union européenne et les États-Unis. Pour les banques africaines, s'insérer dans le circuit CIPS permet de réduire les délais de règlement et les coûts de conversion, qui passent souvent par des banques correspondantes en dollars. Le yuan gagne du terrain dans les échanges commerciaux, même s'il reste loin derrière le billet vert dans les réserves de change africaines.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Les commerçants qui importent de Chine pourront négocier directement en yuan, ce qui limite les allers-retours de conversion et, à terme, les frais. Les plateformes de transfert devront s'adapter à cette réalité : les corridors de paiement se diversifient, et le yuan devient une devise de travail pour de nombreux opérateurs.
Reste à voir si ce partenariat se traduit par des volumes significatifs. Les banques chinoises sont déjà très présentes en Afrique, et Ecobank devra convaincre les entreprises d'utiliser son réseau plutôt que les circuits existants. La concurrence est rude, notamment face aux banques chinoises qui financent directement les grands projets d'infrastructure. Mais pour les PME africaines qui cherchent à importer des biens d'équipement ou des pièces détachées, l'accès à un réseau intégré peut faire la différence. Le bureau de Pékin servira aussi de porte d'entrée aux investisseurs chinois qui veulent s'implanter sur le continent.
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