Des investisseurs turcs lorgnent les produits agricoles de Taraba
Le gouvernement de Taraba multiplie les contacts avec des investisseurs turcs et européens intéressés par ses produits agricoles, dans l'espoir de doper l'économie locale.

Le gouvernement de l'État de Taraba a reçu une délégation d'hommes d'affaires turcs et européens venus évaluer le potentiel agricole de la région. Les discussions ont porté sur le sésame, le soja, le maïs et l'arachide, des cultures que Taraba produit en abondance mais transforme peu sur place. Les visiteurs ont visité des exploitations et des entrepôts à Jalingo, la capitale de l'État, avant de rencontrer les autorités locales. L'objectif affiché par le gouvernement est simple : attirer des capitaux étrangers pour financer des unités de transformation et créer des emplois dans un État où le chômage des jeunes reste élevé.
Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large de l'État de Taraba pour réduire sa dépendance aux allocations fédérales. En 2023, la région a exporté pour plusieurs millions de dollars de produits agricoles bruts, mais la majorité de la valeur ajoutée a été réalisée à l'étranger. Les investisseurs turcs, eux, cherchent à sécuriser des approvisionnements réguliers pour leur industrie agroalimentaire, notamment en huile de sésame et en tourteaux de soja. Un accord-cadre pourrait être signé dans les prochains mois, selon des sources proches du dossier. Pour l'instant, aucune somme n'a été officiellement annoncée.
Les défis restent nombreux. Les routes rurales sont en mauvais état, l'électricité est intermittente et les procédures foncières découragent parfois les investisseurs. Le gouvernement de Taraba promet des incitations fiscales et un guichet unique pour accélérer les autorisations. Les opérateurs locaux, eux, espèrent que ces partenariats ne se limitent pas à l'exportation de matières premières. Plusieurs coopératives demandent que les contrats incluent un volet de formation et de transfert de technologie.
Si les négociations aboutissent, Taraba pourrait devenir un pôle agricole pour le nord-est du Nigeria, une zone longtemps minée par l'insécurité. La venue d'investisseurs turcs, déjà présents dans d'autres secteurs au Nigeria, envoie un signal positif. Mais les résultats dépendront de la capacité des autorités à transformer les promesses en projets concrets. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si cet intérêt se traduit par des engagements fermes.
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