Coronation pousse l'Afrique à financer ses infrastructures avec son épargne locale
Le groupe nigérian Coronation veut mobiliser l'épargne domestique et les investisseurs institutionnels pour combler le déficit d'infrastructures du continent, à l'occasion du sommet AFIS 2026.

Le groupe Coronation, poids lourd nigérian de la gestion d'actifs et des services financiers, profite du sommet Africa Financial Summit (AFIS) 2026 pour remettre sur la table une question qui traîne depuis des années : comment financer les routes, les centrales électriques et les réseaux de transport africains avec l'argent qui dort sur le continent ? L'idée n'est pas neuve, mais elle prend un relief particulier alors que les financements extérieurs se raréfient et que les États peinent à boucler leurs budgets d'investissement.
Coronation cible en particulier les investisseurs institutionnels — fonds de pension, compagnies d'assurance, fonds souverains — dont les actifs sous gestion augmentent rapidement dans plusieurs pays africains. Au Nigeria, les fonds de pension locaux pèsent plus de 20 000 milliards de nairas, selon les chiffres du régulateur PenCom. Une infime partie seulement atterrit dans les projets d'infrastructure, faute d'instruments adaptés et de garanties jugées suffisantes. Le groupe veut changer cette donne en proposant des véhicules d'investissement structurés, capables d'absorber une partie de cette épargne longue.
Pour la diaspora ouest-africaine qui transfère chaque mois des fonds vers le Nigeria ou le Sénégal, cette évolution pourrait à terme élargir l'offre de placements en monnaie locale. Mais l'enjeu immédiat reste ailleurs : convaincre les gestionnaires de fonds que les projets d'infrastructure africains peuvent offrir un rendement stable, sans exposer leurs adhérents à des risques politiques ou de change trop violents. Coronation mise sur des partenariats avec des développeurs et des garanties publiques pour rassurer.
Le sommet AFIS 2026 servira surtout de caisse de résonance. Les discussions entre Coronation, les régulateurs et les investisseurs institutionnels déboucheront-elles sur des engagements concrets ? Rien n'est moins sûr. Mais le simple fait que le débat quitte les cercles d'experts pour s'inviter dans les arènes financières africaines marque une étape. Le financement des infrastructures du continent ne se fera pas sans l'épargne africaine elle-même.
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