Chocs pétroliers et tarifs douaniers : pourquoi l'économie mondiale tient bon
Entre les tarifs douaniers de Trump en 2025 et la guerre en Iran cette année, l'économie mondiale a encaissé deux chocs majeurs sans s'effondrer. Les marchés actions résistent mieux que prévu.

Deux chocs en dix-huit mois, et pourtant rien ne casse. En avril 2025, Donald Trump lançait ses tarifs dits du « Liberation Day », une salve douanière qui devait, selon beaucoup d'analystes, faire dérailler la croissance mondiale. Un an plus tard, la guerre en Iran provoque la plus forte perturbation énergétique depuis le début des années 2020. Les marchés actions, eux, continuent d'avancer. Le S&P 500 a enchaîné les records au printemps, et les prévisions de récession pour les États-Unis ont reculé dans la plupart des grandes banques.
Cette résistance tient d'abord à la structure des économies développées. Elles consomment beaucoup moins de pétrole par point de PIB qu'il y a vingt ans. L'Europe, un temps menacée par la flambée des prix du gaz après 2022, a reconstitué ses stocks et diversifié ses fournisseurs. Les États-Unis, eux, produisent aujourd'hui plus de brut qu'ils n'en importent. Résultat : un choc pétrolier de même ampleur qu'en 1973 pèse deux fois moins sur l'activité qu'à l'époque.
Il y a aussi le comportement des banques centrales. La Fed et la BCE ont relevé leurs taux très vite après 2022, puis les ont maintenus assez haut pour ancrer les anticipations d'inflation. Quand le choc iranien est arrivé, les marchés n'ont pas paniqué : ils ont parié sur une réponse mesurée, pas sur une spirale inflationniste. Cette crédibilité se paie en croissance un peu plus faible, mais elle achète de la stabilité. Pour les pays importateurs de pétrole d'Afrique de l'Ouest, dont les monnaies restent sensibles aux cours du brut, ce calme relatif compte autant que les chiffres américains.
Reste une question. Cette résilience doit beaucoup à des facteurs temporaires : marchés du travail tendus, épargne accumulée pendant le Covid, dépenses publiques généreuses. Aucun ne durera indéfiniment. Le vrai test viendra quand un troisième choc s'ajoutera aux deux premiers, sans marge de manœuvre budgétaire ni baisse de taux possible. L'économie mondiale a tenu bon jusqu'ici. Elle n'a pas encore prouvé qu'elle tiendrait toujours.
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