Carburant : 67 % des Nigérians réclament le retour des subventions
Un sondage SBM révèle que plus de deux Nigérians sur trois rejettent la libéralisation des prix de l'essence et demandent le rétablissement des subventions, sur fond de pression économique croissante.

Le mécontentement monte au Nigeria. Selon un sondage de SBM, 67 % des personnes interrogées veulent que l'État rétablisse les subventions sur l'essence, supprimées en 2023. La décision de l'époque avait fait bondir le prix du litre de 185 à plus de 600 nairas dans les stations-service. Deux ans plus tard, l'essence se négocie autour de 900 nairas dans plusieurs États, et le gouvernement continue de défendre un système qu'il juge plus sain pour les finances publiques. Le rejet est massif, et il traverse les clivages politiques.
Le problème n'est pas seulement le prix à la pompe. Le carburant pèse sur tout : le transport, les denrées alimentaires, l'électricité de secours pour les ménages et les petites entreprises. Quand le litre grimpe, c'est l'ensemble du panier de la ménagère qui suit. Les commerçants de Kano ou de Port Harcourt le disent sans détour : chaque hausse du pétrole se répercute en quelques jours sur le prix du sac de riz ou du trajet en minibus. La suppression des subventions a donc frappé de plein fouet le pouvoir d'achat, déjà rogné par une inflation à plus de 30 % en 2024.
Pour les autorités, revenir en arrière serait un aveu d'échec. Le FMI et la Banque mondiale ont poussé Abuja à laisser flotter les prix pour assainir les comptes. Mais l'argument budgétaire se heurte à une réalité sociale explosive. Les syndicats menacent de nouvelles grèves, et la rue gronde. Dans ce contexte, la question des transferts d'argent vers les zones rurales devient centrale : quand le carburant coûte cher, envoyer quelques milliers de nairas à sa famille coûte aussi plus cher en frais de transport. Des plateformes comme SendXOF suivent ces tensions et ajustent leurs taux en conséquence.
Reste à savoir si le gouvernement cédera. Il a déjà mis en place un palliatif : des bus à prix réduit et des distributions de riz. Insuffisant, selon les sondés. La pression populaire pourrait l'emporter avant les prochaines élections, mais un retour aux subventions coûterait des milliards de dollars que l'État dit ne pas avoir. Le Nigeria se retrouve coincé entre la rigueur budgétaire et la colère sociale. Une équation que connaissent bien ses voisins ouest-africains.
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