CANAL+ et MultiChoice réduisent leurs offres DStv à quatre et baissent les prix en Afrique
Les deux groupes remanient leurs abonnements DStv sur plusieurs marchés africains, dont le Nigeria, le Ghana et le Kenya. Objectif : simplifier l'offre et rendre les bouquets plus accessibles face à la concurrence du streaming.

CANAL+ et MultiChoice ont décidé de frapper un grand coup. Les deux partenaires ont annoncé jeudi une refonte complète de leurs offres DStv sur plusieurs marchés africains. Fini l'empilement de formules : les abonnés n'auront plus le choix qu'entre quatre bouquets, contre six à huit selon les pays. Le Nigeria, le Ghana et le Kenya figurent parmi les premiers concernés. Cette simplification s'accompagne d'une baisse des tarifs, une première depuis longtemps. L'objectif est clair : retenir les abonnés tentés par les plateformes de streaming moins chères et plus flexibles.
La concurrence s'intensifie. Netflix, Amazon Prime Video et les offres locales grignotent des parts de marché, surtout auprès des jeunes urbains. MultiChoice a vu ses abonnés stagner, voire reculer, dans certains pays. En réduisant le nombre de formules, le groupe espère réduire ses coûts de gestion et rendre l'offre plus lisible. Les prix devraient baisser de 10 à 20 % selon les marchés, avec des promotions de lancement. Pour les ménages, c'est une bouffée d'air dans un contexte d'inflation persistante. Au Nigeria, où le naira a perdu près de 70 % de sa valeur depuis juin 2023, le pouvoir d'achat des abonnés s'est effondré. Une baisse en nairas, même modeste, se ressent immédiatement.
Cette décision intervient alors que CANAL+ renforce sa présence sur le continent. Le groupe français a récemment augmenté sa participation dans MultiChoice, et cette nouvelle grille tarifaire pourrait préfigurer une intégration plus poussée de leurs offres. Les deux opérateurs mutualisent déjà leurs infrastructures et certains contenus. Pour les foyers ouest-africains, l'enjeu est de taille : la télévision payante reste un poste de dépense important, souvent sacrifié en premier lorsque les temps sont durs. Une offre simplifiée et moins chère pourrait convaincre ceux qui avaient résilié de revenir.
Reste à voir l'accueil des abonnés. La baisse des prix s'accompagne parfois d'une réduction du nombre de chaînes ou de services. Les détails par pays seront dévoilés dans les prochaines semaines. MultiChoice promet de préserver les chaînes les plus regardées, notamment le sport et les programmes locaux. Mais les associations de consommateurs surveillent. Au Nigeria, elles réclament depuis des années une facturation à la carte. Cette réforme, si elle améliore l'accessibilité, ne répond pas encore à cette demande de longue date.
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