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BUA appelle à bâtir des industries locales à grande échelle pour doper la croissance nigériane

Abdul Samad Rabiu, fondateur de BUA Group, presse le Nigeria de dépasser les réformes économiques pour investir massivement dans la production locale, créatrice d'emplois et de richesse.

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Rédaction SendXOF

Publié le 28 octobre 2026

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BUA appelle à bâtir des industries locales à grande échelle pour doper la croissance nigériane

Abdul Samad Rabiu ne mâche pas ses mots. Le fondateur et président exécutif de BUA Group, l'un des plus gros conglomérats industriels du Nigeria, estime que son pays a épuisé les marges de manœuvre des seules réformes macroéconomiques. Pour lui, la prochaine étape passe par une production locale à grande échelle. Ciment, sucre, farine : BUA a bâti son empire sur ce modèle, et Rabiu veut convaincre le gouvernement et le privé d'aller plus loin ensemble. Son argument tient en une phrase : sans capacité industrielle, les réformes ne produiront ni emplois ni amélioration du niveau de vie.

Le timing n'est pas anodin. Le Nigeria sort de deux années de choc monétaire et fiscal : fin des subventions sur l'essence, libéralisation du naira, inflation à plus de 30 % pendant des mois. Les entreprises ont encaissé. Mais l'économie reste dépendante des importations pour l'essentiel des biens manufacturés, et la facture en devises pèse sur le naira. Rabiu plaide pour inverser ce rapport : produire sur place ce qui est aujourd'hui importé, et ainsi retenir les dollars dans le pays. Un discours qui résonne chez les industriels, mais qui se heurte à un obstacle de taille : le coût du crédit, encore prohibitif pour les PME.

Car derrière l'appel du patron de BUA, il y a une réalité que les opérateurs connaissent bien : l'écart entre les intentions et les financements. Les grandes entreprises comme BUA peuvent lever des capitaux à l'international ; les sous-traitants et les petits industriels, eux, dépendent d'un système bancaire qui prête cher. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : une industrie locale plus dense réduirait la dépendance aux importations et, à terme, la pression sur les changes. Mais le chemin reste long, et Rabiu le sait : sans accès au crédit abordable, l'industrialisation restera un vœu pieux.

Le gouvernement nigérian a fait de la production locale un axe affiché de sa politique, avec des mesures de soutien à l'agriculture et à la transformation. Mais les résultats tardent. Rabiu, lui, continue de tracer sa route : BUA a annoncé ces derniers mois des investissements dans le ciment et le sucre, avec l'ambition de doubler certaines capacités. Son message au secteur privé est clair : il ne faut pas attendre que l'État fasse tout. La balle est dans le camp des industriels, mais aussi dans celui des banques et des régulateurs, qui tiennent les clés du financement.

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