UBA : la recapitalisation des banques renforce la transparence des bilans
Oliver Alawuba, directeur général d'UBA, estime que l'augmentation du capital des banques nigérianes améliore la transparence des bilans et soutient la résilience de l'économie.

La recapitalisation en cours des banques nigérianes n'est pas qu'une affaire de chiffres. Pour Oliver Alawuba, directeur général d'United Bank for Africa (UBA), elle change la façon dont les établissements présentent leurs comptes. « Cela renforce la transparence des bilans », a-t-il déclaré, en marge d'une rencontre avec la presse à Lagos. Le mouvement, enclenché par la Banque centrale du Nigeria (CBN) l'an dernier, oblige les banques à augmenter leur capital pour absorber les chocs. UBA, comme ses concurrentes, a lancé une augmentation de capital de 500 milliards de nairas en 2024. L'objectif affiché : se conformer aux nouvelles exigences et rassurer les investisseurs.
La CBN a relevé en mars 2024 le capital minimum des banques commerciales de 25 milliards à 200 milliards de nairas pour les établissements nationaux. Une décision qui a secoué le secteur. Les banques ont jusqu'en mars 2026 pour se mettre à jour. Certaines ont déjà bouclé leur augmentation, d'autres négocient des fusions. Alawuba y voit un effet positif : les bilans deviennent plus lisibles, les risques mieux identifiés. « Un système bancaire solide, c'est un système où les chiffres ne mentent pas », insiste-t-il. Pour les déposants, cela signifie moins de surprises. Pour les emprunteurs, des conditions de crédit qui dépendent moins des humeurs du marché.
Cette recapitalisation intervient dans un contexte monétaire tendu. Le Naira a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023, date de la libéralisation du taux de change. Les banques doivent composer avec des actifs en devises qui fondent et des prêts qui perdent de leur valeur. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Les frais bancaires augmentent, les délais s'allongent. Dans ce paysage, les plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, offrant une alternative aux circuits traditionnels.
Reste à savoir si cette recapitalisation suffira à protéger le système bancaire des prochaines turbulences. Les analystes de Lagos s'inquiètent : certaines banques pourraient ne pas atteindre le seuil avant l'échéance de 2026. D'autres devront fusionner ou disparaître. Alawuba, lui, veut croire que le jeu en vaut la chandelle. « Une banque solide, c'est une économie qui tient debout », répète-t-il. La CBN surveille de près. Les prochains mois diront si la transparence promise se traduit dans les faits. Pour l'instant, les bilans se remplissent, mais les défis restent entiers.
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