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Au Nigeria, le coût du transport creuse les écarts de prix alimentaires entre États

Malgré la saison des récoltes, les prix des denrées alimentaires varient fortement d'un État nigérian à l'autre. En cause : des coûts de transport qui renchérissent les produits dans les zones mal desservies, selon la fédération des agriculteurs.

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Rédaction SendXOF

Publié le 19 octobre 2026

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Au Nigeria, le coût du transport creuse les écarts de prix alimentaires entre États

Le président de la Fédération des agriculteurs du Nigeria (AFAN), Mohammed Magaji, a pointé du doigt les frais de transport comme principal responsable des écarts de prix des denrées alimentaires entre les États. Alors que la saison des récoltes bat son plein, les étals devraient se remplir et les prix baisser. Pourtant, les données de l'Office national de la statistique (NBS) montrent des disparités marquées : un sac de riz ou de tomates peut coûter jusqu'à 40 % plus cher dans certains États du nord ou de l'est, mal desservis par les routes et éloignés des bassins de production. Le constat n'est pas nouveau, mais il s'accentue avec la hausse du carburant et la vétusté des infrastructures.

Dans un pays où 70 % des déplacements de marchandises se font par la route, chaque litre de diesel en plus se répercute directement sur le prix du panier alimentaire. Les transporteurs facturent au kilomètre, et les routes cabossées rallongent les trajets. Résultat : les États enclavés comme Borno ou Yobe paient leur nourriture plus cher que Lagos ou Kano, pourtant grands consommateurs. Les agriculteurs, eux, vendent au même prix à la sortie du champ, mais le consommateur final, lui, encaisse la différence. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les familles doivent envoyer davantage pour couvrir un panier qui s'alourdit.

Les autorités fédérales ont promis des investissements dans les corridors ferroviaires et routiers, mais les chantiers avancent lentement. En attendant, les commerçants s'adaptent : certains contournent les zones les plus chères en s'approvisionnant directement auprès des grossistes des États voisins. D'autres misent sur le stockage pour lisser les prix sur l'année. Mohammed Magaji plaide pour des subventions ciblées sur le transport, afin de désenclaver les bassins de production. Sans quoi, la saison des récoltes ne suffira pas à faire baisser la facture pour les ménages les plus modestes.

La question dépasse le seul cadre agricole. Elle touche à l'aménagement du territoire et à la logistique, deux chantiers que le Nigeria n'a jamais vraiment achevés. Tant que le transport restera un coût prohibitif, les prix alimentaires continueront de varier du simple au double selon l'endroit où l'on vit. Et les politiques de sécurité alimentaire, aussi ambitieuses soient-elles, se heurteront à cette réalité : un champ ne nourrit personne s'il n'y a pas de route pour l'atteindre.

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