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Assurance nigériane : un fonds commun pour combler le déficit d'actuaires

Le secteur nigérian de l'assurance lance un Fonds conjoint de développement actuariel pour remédier à la pénurie d'actuaires, alors que le régulateur NAICOM confie à EY l'accompagnement de la transition vers le régime Solvabilité Basée sur le Risque.

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Rédaction SendXOF

Publié le 14 octobre 2026

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Assurance nigériane : un fonds commun pour combler le déficit d'actuaires

Le secteur nigérian de l'assurance manque d'actuaires. Un constat que les professionnels traînent depuis des années, et qui les empêche de tarifer correctement les risques, de provisionner avec précision et de se conformer aux exigences prudentielles. Pour y remédier, l'industrie vient de créer un Fonds conjoint de développement actuariel. L'annonce a été faite par Mme Ebelechukwu Nwachukwu, présidente de l'Association des assureurs du Nigeria (NIA) et directrice générale de Rex Insurance Limited. Le fonds doit financer la formation, certifier les compétences locales et réduire la dépendance aux actuaires étrangers, dont les services coûtent cher et ne sont pas toujours adaptés au marché nigérian.

Le calendrier n'est pas anodin. La Commission nationale de l'assurance (NAICOM) a mandaté le cabinet EY pour piloter la transition du secteur vers le régime de Solvabilité Basée sur le Risque (RBS). Ce cadre, qui remplace les règles actuelles, exige des assureurs qu'ils évaluent leurs fonds propres en fonction des risques réels qu'ils portent. Sans actuaires qualifiés, cette transition devient un casse-tête. Les assureurs nigérians devront produire des modèles internes, des stress tests et des rapports de solvabilité détaillés. Autant de tâches qui reposent sur des compétences rares dans le pays.

Le déficit d'actuaires n'est pas propre au Nigeria. Plusieurs pays africains peinent à former ces spécialistes, car les cursus sont longs et coûteux. Mais le Nigeria, avec plus de 50 assureurs et un marché en croissance, ressent la pression plus fortement. Le fonds commun pourrait servir de modèle à d'autres branches de la finance locale, notamment la banque et les fonds de pension, qui affrontent les mêmes goulets d'étranglement. Reste à voir si les montants mobilisés seront à la hauteur. Un fonds sans financement solide ne changera pas la donne.

La création de ce fonds intervient à un moment où le secteur cherche à convaincre les entreprises et les particuliers de s'assurer davantage. La confiance passe par la solidité financière des assureurs, et cette solidité se mesure avec des outils actuariels fiables. Si le fonds fonctionne, il pourrait accélérer la transition vers le RBS et renforcer la crédibilité du marché nigérian aux yeux des réassureurs internationaux. À défaut, les assureurs continueront de bricoler leurs modèles, avec les risques que cela comporte pour leurs clients et pour la stabilité du secteur.

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