Adesina appelle les dirigeants africains à investir dans la technologie et l'industrie
L'ancien président de la BAD, Akinwumi Adesina, exhorte les dirigeants africains à prioriser l'industrialisation et l'innovation technologique pour stimuler la croissance économique du continent.

Akinwumi Adesina ne mâche pas ses mots. L'ancien président de la Banque africaine de développement (BAD) a lancé un appel direct aux dirigeants du continent : sans industrie et sans technologie, l'Afrique restera spectatrice de sa propre croissance. Il s'exprimait lors d'un forum économique, quelques mois après avoir quitté la tête de l'institution basée à Abidjan. Son message est simple : les matières premières ne suffisent plus. Il faut transformer sur place, produire localement, vendre à l'étranger. Le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, importe encore une grande partie de son carburant raffiné. Un paradoxe que dénonce Adesina depuis des années.
L'ancien patron de la BAD insiste sur un point : l'innovation technologique n'est pas un luxe réservé aux pays riches. Les startups nigérianes, kényanes ou sud-africaines prouvent le contraire. Adesina cite en exemple les fintechs qui ont révolutionné l'accès aux services financiers pour des millions d'Africains non bancarisés. Pour lui, ces succès doivent servir de modèle : investir dans la formation technique, financer la recherche locale, protéger les jeunes entreprises innovantes. Le continent compte la population la plus jeune du monde. Ignorer ce potentiel serait une faute économique majeure.
Le discours d'Adesina intervient dans un contexte budgétaire tendu. Plusieurs pays africains luttent contre l'inflation et la dette. Les marges de manœuvre se réduisent. Pourtant, l'ancien président de la BAD reste optimiste : les ressources existent, mais elles fuient souvent vers l'étranger sous forme d'importations évitables. Il appelle à un sursaut collectif, au-delà des clivages politiques. Les zones de libre-échange comme la ZLECAf offrent, selon lui, une opportunité historique de construire des chaînes de valeur régionales. Encore faut-il que les États jouent le jeu et harmonisent leurs politiques industrielles.
Adesina ne propose pas de recette miracle. Il rappelle que la Corée du Sud ou la Malaisie ont bâti leur développement sur l'éducation et l'industrie, pas sur l'exportation brute de minerais. L'Afrique peut suivre le même chemin, à condition d'investir massivement dans les infrastructures et la formation. Son appel s'adresse autant aux gouvernements qu'au secteur privé. Les banques de développement, comme la BAD, ont un rôle à jouer en finançant des projets industriels à long terme. Mais sans volonté politique, les discours resteront des discours.
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