Ecobank rejoint le système de paiement chinois CIPS pour régler en yuan
La banque panafricaine Ecobank va signer un accord pour intégrer le système de paiement interbancaire chinois CIPS, ouvrant la voie à des règlements en yuan et à un commerce accru entre l'Afrique et la Chine.

Ecobank s'apprête à franchir un cap. La banque panafricaine va signer un accord pour rejoindre le China Interbank Payments System (CIPS), le réseau de compensation interbancaire de la Chine. Son directeur général l'a annoncé sans préciser la date exacte de la signature. L'objectif est clair : faciliter les transactions en yuan entre l'Afrique et la Chine, premier partenaire commercial du continent. Aujourd'hui, la plupart des échanges se règlent encore en dollars, ce qui expose les opérateurs aux variations du billet vert et aux délais de conversion.
Pour les entreprises africaines qui importent des machines, des pièces détachées ou des biens de consommation depuis la Chine, l'enjeu est concret. Régler directement en yuan réduit les frais de change et accélère les paiements. La Chine pousse depuis plusieurs années à l'internationalisation de sa monnaie, et l'Afrique devient un terrain d'essai. Le CIPS, lancé en 2015, compte déjà plus de 1 400 participants indirects dans le monde. Ecobank, présent dans plus de trente pays africains, apporte un réseau que Pékin ne veut pas ignorer. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
Le mouvement ne date pas d'hier. En 2023, la banque centrale du Nigeria et la People's Bank of China avaient déjà signé un accord de swap de devises de 2,5 milliards de dollars pour faciliter les échanges en nairas et en yuans. Ecobank va plus loin en s'intégrant directement à l'infrastructure de paiement chinoise. Reste à voir si les banques correspondantes africaines suivront. Le risque, pour elles, est de rester à l'écart d'un circuit qui pourrait devenir la norme pour le commerce avec la Chine.
L'accord devrait surtout profiter aux grands opérateurs : importateurs de Lagos, négociants de Nairobi, industriels de Johannesburg. Pour les PME, l'accès au yuan passera par les banques locales, qui devront s'adapter. La Chine, elle, y gagne un peu plus d'influence sur les flux financiers africains. Et l'Afrique, une alternative au dollar dans ses échanges avec son premier fournisseur. Le basculement ne se fera pas en un jour, mais le signal est fort.
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