Zambèze : AP3 peaufine le montage financier de la ZAMCOM
Africa PPP Advisory avance sur son mandat de conseil pour muscler le financement de la ZAMCOM, la commission qui gère le bassin du Zambèze. Objectif : attirer des investissements dans la résilience climatique.
Huit pays riverains, un fleuve de 2 574 kilomètres et une facture climatique qui grimpe. La Commission du cours d'eau du Zambèze, la ZAMCOM, cherche depuis des années les moyens de financer des projets d'irrigation, de barrages et d'adaptation aux sécheresses à répétition. Africa PPP Advisory, un cabinet spécialisé dans les partenariats public-privé, planche sur un mandat de conseil stratégique pour structurer la mobilisation des ressources. Le Fonds africain de développement finance cette mission via le Programme de développement intégré. Le sujet n'est pas théorique : le bassin du Zambèze irrigue l'économie de l'Angola, du Botswana, du Malawi, du Mozambique, de la Namibie, de la Tanzanie, de la Zambie et du Zimbabwe.
Le défi tient en une équation simple à énoncer, difficile à résoudre : les besoins dépassent largement les budgets publics des États membres. La ZAMCOM n'a pas de recettes propres significatives. Elle dépend des contributions des huit pays, dont plusieurs traversent des crises de liquidité. Le conseil d'AP3 doit donc identifier des schémas de financement mixtes, où capitaux privés, bailleurs internationaux et garanties publiques se combinent. Les partenariats public-privé sont sur la table, mais ils exigent des cadres juridiques stables et des revenus prévisibles. Or, dans la région, les contrats d'achat d'électricité ou de concession d'eau restent fragiles.
L'enjeu climatique accélère le calendrier. Les sécheresses de ces dernières années ont réduit le débit du Zambèze et mis sous tension l'hydroélectricité, dont dépendent la Zambie et le Zimbabwe. Le barrage de Kariba, partagé entre les deux pays, a produit par moments moins de la moitié de sa capacité. Les industriels et les ménages ont subi des coupures. Financer des infrastructures de stockage et de transfert d'eau n'est plus un luxe, c'est une condition de survie économique. Les bailleurs le savent. Reste à convaincre les investisseurs privés que le risque est maîtrisable.
La mission d'AP3 intervient dans un contexte où les grands fleuves africains deviennent des objets de négociation financière autant que diplomatique. Le Nil, le Congo, le Niger : partout, la question du partage et du financement des eaux se pose avec acuité. Pour la ZAMCOM, l'objectif immédiat n'est pas de lancer des travaux, mais de poser une architecture financière crédible. Si le mandat aboutit, il pourrait servir de modèle à d'autres bassins transfrontaliers. La balle est dans le camp des États membres, qui doivent garantir la stabilité nécessaire pour que les capitaux suivent.
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