Yellow Card rachète la brésilienne GoMoney et s'étend en Amérique latine
La fintech nigériane Yellow Card, spécialisée dans les paiements en stablecoins, acquiert le brésilien GoMoney pour renforcer sa présence en Amérique latine, après une année marquée par une expansion rapide sur le continent africain.
Yellow Card, la société nigériane qui construit des infrastructures de paiement en stablecoins, vient de mettre la main sur GoMoney, un prestataire de services d'actifs virtuels brésilien. L'opération, annoncée cette semaine, marque une étape importante pour la jeune pousse fondée en 2016, qui franchit pour la première fois les frontières du continent africain. GoMoney, basée au Brésil, dispose des agréments nécessaires pour opérer dans le pays et servira de base à Yellow Card pour attaquer le marché latino-américain, où la demande de paiements transfrontaliers en monnaies numériques explose.
Le Brésil est devenu ces dernières années un terrain de jeu pour les fintechs crypto. L'inflation persistante et la volatilité du real ont poussé une partie de la population et des entreprises à chercher des alternatives en stablecoins, notamment pour les transferts internationaux. Yellow Card, qui revendique plusieurs millions d'utilisateurs en Afrique, veut reproduire son modèle : des rampes d'accès fiat-crypto simples, des frais réduits et une couverture géographique large. L'acquisition de GoMoney lui donne instantanément une licence locale et une équipe sur place, sans passer par la case des mois de démarches administratives.
Pour les observateurs du secteur, ce mouvement illustre la maturité croissante des fintechs africaines. Longtemps cantonnées à leur marché domestique, elles commencent à rivaliser avec les acteurs internationaux sur des terrains lointains. Yellow Card, qui a levé plus de 50 millions de dollars ces dernières années, dispose des moyens de cette ambition. La société n'a pas communiqué le montant de la transaction, mais l'opération devrait lui permettre de capter une part du marché brésilien des paiements en stablecoins, estimé à plusieurs milliards de dollars par an.
Reste à voir si le modèle de Yellow Card, taillé pour les réalités africaines, saura séduire les entreprises brésiliennes. La concurrence locale est déjà féroce, avec des acteurs comme Mercado Bitcoin ou Foxbit. Mais la fintech nigériane mise sur son expérience des environnements réglementaires complexes et sur sa technologie éprouvée. Cette acquisition pourrait aussi accélérer les transferts de fonds entre l'Afrique et l'Amérique latine, deux régions où les diasporas sont actives. Une chose est sûre : Yellow Card ne compte pas s'arrêter là.
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