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Une coalition africaine rejette la privatisation de l'eau et réclame des investissements publics

Réunie à Lagos, la coalition Our Water, Our Rights Africa demande aux gouvernements africains de renoncer à privatiser les systèmes d'eau publics et de financer des services gérés par l'État pour garantir un accès universel.

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Rédaction SendXOF

Publié le 15 octobre 2026

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Une coalition africaine rejette la privatisation de l'eau et réclame des investissements publics

La coalition Our Water, Our Rights Africa (OWORAC) a choisi Lagos pour porter son message. À l'occasion d'une conférence de presse marquant la Journée de l'Afrique 2026, ses représentants ont demandé aux gouvernements du continent de renoncer à la privatisation des systèmes d'eau publics. Leur argument : la gestion privée, portée par des contrats de concession et des partenariats public-privé, n'a pas tenu ses promesses. Là où des opérateurs privés ont pris les commandes, les tarifs ont grimpé plus vite que les salaires, et les quartiers périphériques restent souvent privés de raccordement. La coalition plaide pour l'inverse : injecter l'argent public dans les infrastructures et confier la gestion à des entités publiques redevables devant les citoyens.

Le débat n'est pas neuf, mais il prend une ampleur nouvelle. La Banque mondiale et plusieurs bailleurs poussent depuis des années des réformes qui ouvrent le capital des sociétés d'eau aux opérateurs privés, en échange de financements. Des villes comme Dakar, Nairobi ou Abidjan ont testé différentes formules, avec des résultats contrastés. À Lagos, où la demande en eau potable dépasse largement l'offre, la question divise. Les partisans de la privatisation invoquent le manque de moyens des États et leurs lourdeurs administratives. OWORAC répond que la logique du profit est incompatible avec un service essentiel : l'eau ne se stocke pas, ne se remplace pas, et les plus pauvres sont toujours les premiers à en manquer.

La coalition ne se contente pas de critiquer. Elle demande aux gouvernements d'inscrire le droit à l'eau dans les constitutions, de publier les contrats de concession et de fixer des tarifs progressifs selon les revenus. Elle réclame aussi un fonds africain pour l'eau, alimenté par les budgets nationaux et les institutions régionales, afin de réduire la dépendance aux prêts conditionnés. Sur le terrain, des organisations de la société civile menacent déjà de contester en justice les nouvelles concessions. Au Sénégal, une coalition similaire a obtenu l'an dernier la suspension d'un contrat de privatisation à Saint-Louis. La pression monte, et les gouvernements devront trancher entre deux modèles.

Le choix dépasse la question technique. Il touche à la souveraineté et à la justice sociale. Privatiser l'eau, c'est confier un bien commun à des acteurs qui cherchent d'abord à rentabiliser leurs investissements. La gestion publique, elle, peut être tout aussi défaillante si elle manque de transparence et de moyens. Le vrai enjeu n'est donc pas uniquement public contre privé, mais la capacité des États à financer, surveiller et rendre des comptes. Sans cela, les robinets resteront secs, quel que soit le modèle choisi.

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