Un patron de HMO plaide pour l'assurance santé face aux morts subites au Nigeria
Lekan Ewenla, dirigeant d'un organisme de gestion de santé, affirme que l'assurance maladie peut réduire les morts subites en modifiant les comportements de recours aux soins et en misant sur la prévention.

Au Nigeria, les morts subites ne sont plus seulement une fatalité médicale. Lekan Ewenla, patron d'un HMO, en a fait son cheval de bataille. Selon lui, l'assurance santé change la donne : au lieu d'attendre que la maladie s'aggrave, les assurés consultent plus tôt et acceptent les dépistages réguliers. Un comportement qui, dans un pays où beaucoup paient leurs soins de leur poche, peut faire la différence entre une alerte traitée à temps et un décès brutal. Le raisonnement est simple : quand la consultation ne coûte plus rien au moment où l'on se sent mal, on y va. Et les hypertensions, diabètes ou problèmes cardiaques qui tuent sans prévenir sont justement ceux que l'on peut détecter en amont.
Le problème nigérian reste le taux de couverture. Moins de 10 % de la population dispose d'une assurance santé, selon les chiffres officiels. La majorité des travailleurs du secteur informel n'ont aucune protection. Ewenla ne propose pas de miracle, mais il insiste sur un point : la prévention coûte moins cher que l'urgence. Un dépistage de tension artérielle à quelques milliers de nairas évite une hospitalisation en réanimation à plusieurs centaines de milliers. Les HMO, qui négocient des forfaits avec les hôpitaux, ont intérêt à ce que leurs adhérents restent en bonne santé. Ce n'est pas de la philanthropie, c'est de l'économie de santé.
Pour les ménages, l'équation reste difficile. Entre loyer, école et nourriture, la prime d'assurance passe souvent en dernier. Pourtant, les accidents cardiaques et les AVC frappent de plus en plus de trentenaires et de quarantenaires nigérians, y compris dans les classes moyennes. Les experts pointent la sédentarité, le stress urbain et une alimentation transformée. L'assurance ne résoudra pas tout, mais elle peut servir de signal d'alerte. Les HMO qui investissent dans les rappels de rendez-vous et les campagnes de sensibilisation commencent à voir leurs coûts baisser sur le long terme.
La balle est aussi dans le camp des employeurs et des autorités. Étendre la couverture aux artisans, chauffeurs et commerçants du secteur informel demanderait un système de cotisation adapté aux revenus irréguliers. Le NHIS, l'assurance maladie nationale, avance lentement. En attendant, des millions de Nigérians continuent de mourir de pathologies évitables. La prévention n'est pas un slogan : c'est une chaîne de décisions, du dépistage au traitement. Tant que l'accès aux soins restera un luxe, les morts subites resteront une routine.
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