Textile nigérian : les importations bon marché menacent des emplois
L'association des travailleurs du textile nigérian alerte sur l'afflux d'importations à bas prix et la contrebande, qui affaiblissent la production locale et mettent en péril des milliers d'emplois.

Les travailleurs du textile nigérian tirent la sonnette d'alarme. Leur association affirme que les importations à bas prix et la contrebande grignotent la production locale, au point de menacer des milliers d'emplois dans un secteur qui emploie encore des dizaines de milliers de personnes à Kano, Kaduna et Lagos. Les usines tournent souvent en sous-régime, faute de commandes, et les licenciements se multiplient dans les zones industrielles du nord.
Le problème n'est pas nouveau, mais il s'aggrave. Les produits importés — souvent en provenance d'Asie — arrivent à des prix défiant toute concurrence, tandis que les contrebandiers font entrer des tissus sans payer les droits de douane. Résultat : les fabricants locaux ne peuvent ni aligner leurs prix ni écouler leurs stocks. Certains ont déjà fermé, d'autres réduisent leurs effectifs. Les syndicats réclament des mesures douanières plus strictes et un soutien réel à la filière, notamment un accès facilité au crédit et à l'énergie.
Le contexte monétaire n'arrange rien. La dépréciation du naira renchérit les intrants importés — fils, teintures, pièces de machines — mais elle rend aussi les produits finis étrangers plus chers à l'importation, ce qui devrait en théorie protéger la production locale. Dans les faits, la contrebande contourne ce mécanisme et les prix restent artificiellement bas. Pour la diaspora ouest-africaine qui investit dans de petits ateliers de couture ou de tissage, cette concurrence déloyale complique la rentabilité des projets.
Le gouvernement nigérian a promis à plusieurs reprises de relancer le textile, notamment via des programmes de relance agricole pour le coton. Mais les travailleurs constatent peu d'effets concrets. Sans contrôle douanier efficace et sans énergie fiable, les usines continueront de perdre du terrain. La question dépasse le seul secteur textile : c'est toute la politique industrielle du pays qui est en jeu, à l'heure où la diversification économique devient une urgence.
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