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Sanusi reconnaît que son blocage des opérateurs télécoms dans la banque était une erreur

L'ancien gouverneur de la CBN, Muhammadu Sanusi II, admet que sa décision d'exclure les opérateurs télécoms des services financiers a freiné l'inclusion bancaire au Nigeria.

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Rédaction SendXOF

Publié le 16 septembre 2026

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Sanusi reconnaît que son blocage des opérateurs télécoms dans la banque était une erreur

Muhammadu Sanusi II a fait une sortie remarquée. L'ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN) a reconnu que sa décision, prise en 2012, d'empêcher les opérateurs de télécommunications d'entrer dans les services financiers était une erreur. À l'époque, Sanusi avait bloqué MTN, Airtel et Glo, qui voulaient obtenir des licences bancaires. Il craignait que ces géants ne transforment leurs millions d'abonnés en clients captifs, court-circuitant les banques traditionnelles. Dix ans plus tard, le constat est amer : l'inclusion financière a progressé, mais moins vite que prévu. Selon la CBN, 36 % des adultes nigérians restent exclus du système bancaire formel, un chiffre qui stagne depuis 2018.

Le virage raté des télécoms a laissé le champ libre aux fintechs. Paga, OPay, PalmPay ont bondi, portées par la téléphonie mobile. Aujourd'hui, ce sont elles qui bousculent les banques, pas les opérateurs. Sanusi le reconnaît : « Nous aurions dû encadrer, pas interdire. » La banque centrale a depuis changé de doctrine. En 2020, elle a autorisé les telcos à fournir des services de paiement via des filiales. MTN a lancé MoMo PSB, Airtel son propre service. Mais le retard est là. Le Nigeria compte 220 millions d'habitants et seulement 45 % ont un compte bancaire. Les transferts d'argent, eux, explosent : 35 milliards de dollars échangés en 2023 selon la Banque mondiale. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.

Le mea culpa de Sanusi tombe à un moment charnière. La CBN, sous Yemi Cardoso, veut porter l'inclusion financière à 70 % d'ici 2025. Les opérateurs télécoms, eux, poussent pour élargir leurs licences. MTN a déjà investi 200 millions de dollars dans MoMo PSB. Airtel prévoit 100 millions. Mais les défis restent : couverture réseau inégale dans le nord, méfiance des populations rurales, coûts de transaction élevés. Le régulateur des télécoms, la NCC, et la CBN doivent coordonner leurs règles, ce qui n'a jamais été simple.

L'aveu de Sanusi ne réécrit pas l'histoire, mais il éclaire le présent. Le Nigeria a laissé filer une décennie dans la banque mobile. Pendant ce temps, le Kenya, avec M-Pesa, a inclus 80 % de sa population. Le retard nigérian coûte cher : des millions de personnes sans compte, des transferts informels, une économie qui tourne au ralenti. La leçon vaut pour toute la sous-région : bloquer les nouveaux entrants ne protège pas les banques, cela protège l'exclusion.

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