Rivers : Fubara renforce le dispositif militaire à Ahoada pour rassurer les investisseurs
Le gouverneur de Rivers State mise sur une nouvelle brigade de l'armée à Ahoada pour stabiliser une zone minée par l'insécurité et ramener les entreprises qui avaient fui le territoire.

Le gouverneur de Rivers State, Siminalayi Fubara, a scellé un nouveau partenariat avec l'armée nigériane autour du déploiement d'une brigade à Ahoada, dans le nord de l'État. La zone, qui englobe les localités d'Ahoada East et Ahoada West, concentre depuis plusieurs années des attaques de groupes armés, des enlèvements et des sabotages d'oléoducs. Ces violences ont poussé des opérateurs économiques à quitter la région, privant le gouvernement local de recettes fiscales et d'emplois. Pour Fubara, la réponse ne peut pas être uniquement policière : elle doit s'appuyer sur une présence militaire permanente et structurée.
La création d'une brigade complète change l'échelle du dispositif. Jusqu'ici, la sécurité à Ahoada reposait sur des patrouilles ponctuelles et des unités mobiles venues de Port Harcourt, la capitale de l'État, à plus de deux heures de route. Une brigade sur place signifie des effectifs fixes, un renseignement de proximité et une capacité de réaction immédiate. Le gouverneur a insisté sur la coordination entre l'armée, la police et les autorités traditionnelles locales, un point sensible dans une région où les rivalités communautaires alimentent aussi l'instabilité.
Rivers State reste l'un des poumons pétroliers du Nigeria, avec une production qui pèse dans les recettes fédérales. Mais les compagnies pétrolières et les sous-traitants hésitent à s'installer dans les zones rurales tant que la sécurité n'est pas garantie. La stratégie de Fubara consiste à inverser la logique : sécuriser d'abord, attirer ensuite. Des entreprises de services, de logistique et de construction avaient fermé leurs antennes à Ahoada après des attaques répétées. Le retour d'une brigade est perçu comme un signal fort, même si les résultats prendront des mois à se matérialiser.
L'enjeu dépasse le seul État de Rivers. Dans le delta du Niger, la sécurité conditionne la production pétrolière, les recettes publiques et la stabilité des prix des matières premières. Chaque sabotage d'oléoduc fait grimper les coûts d'exploitation et réduit les volumes exportés. Pour les populations locales, l'arrivée de militaires peut aussi créer des tensions si les abus ne sont pas encadrés. Le pari de Fubara repose sur un équilibre fragile : assez de force pour rassurer les investisseurs, assez de discipline pour ne pas braquer les communautés. Les prochains mois diront si ce modèle tient.
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