Réserves extérieures du Nigeria : ce que l'argument de Chike-Obi laisse de côté
Mustafa Chike-Obi conteste l'utilité des réserves extérieures en hausse. L'ancien banquier oublie que ces réserves sont un amortisseur pour le naira et un signal de confiance pour les investisseurs.

Le débat sur les réserves extérieures du Nigeria a rebondi le 18 octobre 2026. Mustafa Chike-Obi, ancien directeur général de la Banque de l'industrie, a mis en doute les bénéfices économiques et le coût financier d'une accumulation continue de devises. Son argument : les réserves coûtent cher à porter et ne se traduisent pas directement en croissance. Une critique qui porte, mais qui passe à côté de l'essentiel.
Car les réserves ne sont pas un trésor de guerre inerte. Elles servent d'abord à tenir le naira. Quand le pétrole rapporte moins ou que les investisseurs fuient, la Banque centrale puise dans ce matelas pour éviter une dégringolade trop brutale. Sans ces réserves, le taux de change officiel serait bien plus vulnérable aux chocs extérieurs. Pour la diaspora ouest-africaine, cette stabilité relative change la donne sur le coût des transferts vers le Nigeria.
Chike-Obi pointe aussi le coût d'opportunité : chaque dollar thésaurisé est un dollar qui ne finance pas l'économie réelle. L'argument se défend. Mais il ignore le rôle de signal. Les agences de notation et les investisseurs étrangers regardent les réserves avant de prêter au Nigeria. Une réserve confortable, c'est une prime de risque plus basse sur la dette souveraine. Et donc des taux d'intérêt moins élevés pour l'État comme pour les entreprises.
Le vrai débat n'est pas de savoir s'il faut des réserves, mais à quel niveau et pour quoi faire. Le Nigeria importe encore massivement du carburant raffiné et des denrées alimentaires. Dans ce contexte, une réserve de change reste une assurance contre les pénuries. Chike-Obi a raison de demander des comptes sur la gestion, mais tordre le cou à l'idée même d'accumulation serait une erreur. La crédibilité monétaire du pays se joue aussi là.
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