Gambie : 57 Nigérians menacés de licenciement par une directive de la banque centrale
La NiDCOM s'inquiète du sort de 57 professionnels nigérians employés dans quatre banques gambiennes, après une injonction de la banque centrale de Gambie qui pourrait entraîner leur licenciement.

La Commission des Nigérians de la diaspora (NiDCOM) a tiré la sonnette d'alarme. Une directive de la banque centrale de Gambie ordonne à quatre banques de se séparer de 57 employés nigérians. L'information, rapportée par le quotidien nigérian Punch, n'a pas encore été détaillée dans son contenu exact, mais elle suffit à déclencher une passe d'armes diplomatique entre Abuja et Banjul. La NiDCOM, qui dépend du ministère nigérian des Affaires étrangères, demande des éclaircissements et plaide pour ses ressortissants.
Les 57 personnes concernées ne sont pas des expatriés fraîchement débarqués. Il s'agit de professionnels installés, souvent cadres ou spécialistes dans la banque et la finance, qui ont bâti leur carrière en Gambie. Leur départ forcé poserait un problème immédiat de revenus pour des familles entières, mais aussi un précédent pour la communauté nigériane dans le pays. La Gambie, petit marché de 2,5 millions d'habitants, entretient des liens économiques étroits avec le Nigeria, son grand voisin anglophone. Une décision perçue comme hostile pourrait refroidir les échanges de services entre les deux pays.
Pour les transferts d'argent entre le Nigeria et la Gambie, l'enjeu dépasse les seuls salaires. Les travailleurs nigérians en Gambie envoient régulièrement des fonds à leurs proches via des canaux formels et informels. Si les licenciements se confirment, ces flux diminueront mécaniquement, affectant les familles restées au pays. Des plateformes comme SendXOF, qui opèrent sur les corridors ouest-africains, suivent de près ce type de décision car elle modifie la demande de change et la fréquence des envois. Une expulsion de salariés stables, c'est une source de devises qui se tarit pour la communauté.
La balle est désormais dans le camp des autorités gambiennes. La banque centrale doit préciser les motifs de sa directive, tandis que le Nigeria pourrait saisir les instances régionales de la CEDEAO. En attendant, les 57 professionnels restent dans l'incertitude, et la NiDCOM promet de suivre le dossier de près. Une chose est sûre : dans une région où la libre circulation des personnes est un principe affiché, cette affaire rappelle que les travailleurs migrants restent vulnérables aux décisions administratives des banques centrales.
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