Réformes économiques nigérianes : les résultats patinent faute d'exécution budgétaire
Le ministre Abubakar Bagudu défend des avancées sur la croissance et les investissements, mais l'exécution du budget reste le maillon faible de la stratégie économique de Tinubu.

Le gouvernement nigérian martèle que ses réformes portent leurs fruits. Croissance du PIB, investissements étrangers, recettes fiscales : les indicateurs cités par le ministère du Budget et de la Planification économique, dirigé par Abubakar Bagudu, dessinent une trajectoire positive. Mais un problème saute aux yeux de quiconque suit les comptes publics : l'argent voté n'est pas dépensé. Les ministères accumulent les crédits non utilisés pendant que les infrastructures attendent. Résultat, l'effet réel des réformes sur le terrain reste en deçà des annonces.
Cette lenteur dans l'exécution budgétaire n'est pas nouvelle. Elle plombe la crédibilité du gouvernement auprès des investisseurs, qui regardent moins les discours que la capacité à transformer un budget en routes, en écoles ou en énergie. Le Nigeria traîne une tradition de sous-exécution chronique : en 2023, moins de 70 % des dépenses prévues avaient été réellement engagées à la fin de l'année. Les réformes fiscales et monétaires, aussi ambitieuses soient-elles, butent sur ce goulot d'étranglement administratif.
Sur le front monétaire, la dévaluation du Naira et la hausse des taux directeurs ont renchéri le coût de la vie pour des millions de ménages. Les Nigérians qui envoient de l'argent depuis l'étranger le ressentent directement : chaque transfert vaut moins de nairas qu'avant, et les frais grignotent davantage. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Sans une exécution budgétaire plus rapide, les gains macroéconomiques revendiqués par Bagudu risquent de rester lettre morte pour le citoyen ordinaire.
Le vrai test viendra des prochains mois. Si le gouvernement parvient à accélérer la dépense publique et à faire atterrir les réformes dans l'économie réelle, les chiffres de croissance pourraient enfin se traduire en emplois et en pouvoir d'achat. Sinon, le décalage entre les promesses d'Abuja et la réalité des marchés continuera de nourrir la défiance. Les réformes ne valent que ce que l'administration en fait.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Abia réduit sa dette de 98,6 milliards de nairas en trois ans
Le gouverneur Alex Otti annonce une baisse de l'encours de dette de l'État d'Abia, passé de 147,2 milliards de nairas à 48,6 milliards entre 2023 et 2026, soit une réduction de 98,6 milliards.

Le CIBN presse les banques nigériannes de prêter davantage aux PME
L'institut des banquiers du Nigeria exhorte les établissements à augmenter leurs crédits aux micro, petites et moyennes entreprises, tout en honorant 755 professionnels du secteur.

Le Nigeria courtise Bruxelles pour un million d'hectares de cacao
Le gouvernement nigérian présente à Bruxelles son programme d'expansion de un million d'hectares de cultures arboricoles, dont le cacao, pour attirer les investisseurs européens et doper une production encore loin des leaders mondiaux.