Pourquoi Aliko Dangote incarne plus qu'un simple homme d'affaires
Le 2 septembre 2026, Uber a quitté le Nigeria après douze ans de présence, invoquant une révision de ses activités. Ce départ illustre les défis économiques du pays, contrastant avec l'engagement d'Aliko Dangote, qui investit massivement dans l'industrie locale.

Le 2 septembre 2026, Uber a éteint son application au Nigeria et quitté le pays après douze ans de présence. La firme américaine a justifié son départ par « une révision approfondie de ses activités ». La réalité est plus crue : l'une des entreprises technologiques les plus sophistiquées au monde a pesé le coût de faire des affaires au Nigeria et a choisi de partir. Ce retrait, intervenu sans préavis, a laissé des milliers de chauffeurs sans revenus et a rappelé les obstacles structurels qui persistent dans la première économie africaine.
Pendant que certains plient bagage, d'autres creusent leur sillon. Aliko Dangote, lui, ne part pas. L'homme le plus riche d'Afrique a investi des milliards de dollars dans une raffinerie à Lekki, près de Lagos, qui traite désormais 650 000 barils de pétrole par jour. Ce projet, lancé en 2016, a connu des retards et des dépassements de coûts, mais il tourne. En août, la raffinerie a commencé à fournir de l'essence au marché local, réduisant la dépendance du Nigeria aux importations de carburant. Pour Dangote, l'enjeu n'a jamais été seulement financier : il s'agit de bâtir une capacité industrielle qui puisse soutenir le pays.
Cette différence d'approche entre Uber et Dangote en dit long sur les stratégies possibles face aux difficultés du Nigeria. Là où la première voit un marché trop coûteux, le second voit une opportunité de transformation. Les infrastructures restent défaillantes, la monnaie est instable, et l'électricité demeure un luxe. Pourtant, Dangote persiste, convaincu que le développement passe par l'industrialisation. Pour la diaspora ouest-africaine, ces dynamiques économiques influencent directement les flux financiers vers la région, notamment sur le coût des transferts.
Au final, le départ d'Uber et l'ancrage de Dangote dessinent deux visions du Nigeria. L'une, court-termiste, privilégie le rendement immédiat. L'autre, patiente, parie sur la construction à long terme. Le pays a besoin des deux, mais il ne peut pas compter éternellement sur la seule volonté d'un milliardaire. Les réformes structurelles, la lutte contre la corruption et la stabilisation du climat des affaires décideront si d'autres entrepreneurs suivront l'exemple de Dangote ou si l'exode se poursuit.
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