Pétrole : le régulateur nigérian refuse de plafonner les prix à la pompe
La NMDPRA affirme ne pas fixer les prix de l'essence dans un marché dérégulé, alors que la hausse des prix à la pompe pèse sur les ménages et les transporteurs.

La Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA) a reconnu lundi que la flambée des prix de l'essence pèse sur les Nigérians, mais elle refuse de plafonner les tarifs à la pompe. L'agence fédérale rappelle que depuis la dérégulation du secteur en 2023, c'est le marché qui détermine les prix, pas l'État. Une position qui risque de faire grincer des dents alors que le litre d'essence a dépassé 900 nairas dans plusieurs stations de Lagos et Abuja, contre environ 650 nairas il y a un an.
Cette hausse ne sort pas de nulle part. Le Naira faible renchérit les importations de produits pétroliers raffinés, que le Nigeria achète encore massivement à l'étranger malgré ses réserves de brut. Les transporteurs, eux, répercutent la facture sur les usagers : à Lagos, le tarif d'un trajet en danfo a bondi de 40 % en six mois. Pour les ménages, l'essence reste le premier poste de dépense après le loyer, et chaque augmentation rogne un peu plus le pouvoir d'achat. La NMDPRA promet des contrôles sur les marges des distributeurs, sans donner de calendrier précis.
La dérégulation devait attirer les investissements et stabiliser l'approvisionnement. Deux ans plus tard, le bilan est contrasté : les files d'attente aux stations ont disparu, mais les prix, eux, n'ont cessé de grimper. Les raffineries locales, à commencer par Dangote, promettent de réduire la dépendance aux importations, mais leur montée en puissance prend du temps. En attendant, chaque mouvement du Naira se répercute directement sur le prix à la pompe, et les opérateurs surveillent de près les décisions de la CBN sur les changes.
Pour l'instant, la NMDPRA joue la carte de la pédagogie : pas de contrôle des prix, mais une surveillance accrue des pratiques commerciales. Une ligne tenue par le gouvernement Tinubu depuis l'arrêt des subventions, malgré les critiques. La question qui monte chez les transporteurs et les syndicats : combien de temps les Nigérians accepteront de payer ce prix sans que la rue ne s'en mêle ?
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