Pétrole : le Nigeria veut récupérer 788 000 barils par jour à l'arrêt
La NUPRC a identifié plus de 788 000 barils par jour de production pétrolière bloquée chez 63 opérateurs. Objectif : relancer la production nationale, plombée par le sabotage et le sous-investissement.

Le régulateur pétrolier nigérian a mis le doigt sur un gisement invisible : 788 000 barils par jour de brut qui ne sortent pas de terre. Ces volumes sont immobilisés chez 63 opérateurs, selon la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission. Le chiffre donne le vertige quand on le rapporte à la production actuelle du pays, qui tourne autour de 1,3 million de barils par jour. Autrement dit, le Nigeria laisse filer l'équivalent de plus de la moitié de ce qu'il pompe déjà. Les causes sont connues : puits fermés pour cause de sabotage sur les pipelines, champs jugés non rentables, infrastructures vétustes et sous-investissement chronique dans le delta du Niger.
La NUPRC ne se contente pas de compter. Elle a lancé un programme de restauration de ces volumes, avec des incitations pour les opérateurs qui rouvrent leurs puits. L'enjeu est budgétaire autant que technique. Le pétrole représente environ 80 % des recettes d'exportation du Nigeria et plus de la moitié des revenus fédéraux. Chaque baril non produit creuse le déficit public et pèse sur les réserves de change. Le gouvernement d'Abuja a répété vouloir porter la production à 2 millions de barils par jour d'ici la fin de l'année prochaine. Sans ces 788 000 barils récupérés, l'objectif reste hors de portée.
Reste à savoir si les opérateurs suivront. Beaucoup hésitent à rouvrir des puits dans des zones où les vols de brut et les attaques sur les installations restent fréquents. Les majors internationales, elles, ont réduit leurs investissements dans le delta pour se tourner vers des eaux plus profondes, moins exposées. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : quand les recettes pétrolières baissent, la pression sur le Naira s'intensifie et les taux de change deviennent plus volatils.
Le vrai test sera dans les chiffres des prochains mois. La NUPRC parle de restauration, mais le sabotage a déjà fait échouer plusieurs plans similaires. Si les 788 000 barils reviennent effectivement sur le marché, le Nigeria respire. Sinon, le pays continuera de dépendre d'un brut qu'il n'arrive pas à extraire, avec un Naira qui encaisse à chaque baril perdu.
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