Les investisseurs étrangers désertent la Bourse de Lagos : 4,89 % des transactions en août
La part des investisseurs étrangers dans les échanges d'actions à la Bourse de Lagos est tombée à 4,89 % en août, un plus bas annuel. Leurs transactions ont reculé à 62,03 milliards de nairas.

La Bourse de Lagos tourne au ralenti pour les capitaux étrangers. En août, les investisseurs non-résidents n'ont représenté que 4,89 % des transactions sur le Nigerian Exchange (NGX), selon les données publiées cette semaine. C'est le niveau le plus faible depuis le début de l'année. En valeur, leurs échanges ont totalisé 62,03 milliards de nairas. Un an plus tôt, à la même période, la part étrangère dépassait encore les deux chiffres. La chute est brutale, et elle s'inscrit dans une tendance qui dure.
Pourquoi ce désengagement ? Trois raisons reviennent chez les courtiers de Lagos. D'abord, le Naira reste sous pression : les investisseurs étrangers hésitent à convertir leurs dollars dans une devise qui peut perdre 5 % en quelques semaines. Ensuite, les taux des bons du Trésor nigérians, bien que relevés, ne compensent plus l'inflation et le risque de change. Enfin, les sorties de capitaux sont limitées par des files d'attente à la CBN pour accéder aux dollars. Résultat : les gros fonds préfèrent le Ghana, le Kenya ou l'Afrique du Sud. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira faible pèse directement sur les montants reçus au pays.
Le marché local tient, mais autrement. Les investisseurs nigérians — particuliers et institutionnels — ont pris le relais. Ils ont assuré plus de 95 % des volumes en août. Leurs achats se concentrent sur les banques et les télécoms, les seules valeurs qui offrent encore des dividendes corrects. Mais ce marché sans étrangers manque de profondeur. Les cours bougent sur des volumes plus faibles, et les entreprises qui cherchent à lever des capitaux en pâtissent. Une introduction en bourse devient plus difficile à réussir quand la moitié des acheteurs potentiels a quitté la table.
La question est de savoir si ce plancher est durable. Les analystes de Lagos tablent sur un retour progressif des étrangers si la CBN stabilise le Naira et clarifie l'accès aux devises. Mais aucun signe en ce sens pour l'instant. En attendant, la Bourse de Lagos vit au rythme des capitaux locaux. Ce n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle : un marché moins dépendant des flux étrangers est aussi moins vulnérable aux chocs extérieurs. Mais il avance plus lentement, et les valorisations s'en ressentent.
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