Pétrole à 1 500 nairas le litre : un expert presse la NNPCL de relancer les raffineries publiques
Alors que le prix de l'essence atteint 1 500 nairas le litre, l'économiste Joseph Obele demande au gouvernement fédéral et à la NNPCL de remettre en service les raffineries publiques pour faire baisser les coûts.

Le prix du litre d'essence a franchi la barre des 1 500 nairas dans plusieurs stations-service du Nigeria cette semaine. Une hausse qui pèse directement sur le budget des ménages et des transporteurs. Face à cette flambée, Joseph Obele, universitaire et spécialiste du secteur de l'énergie, monte au créneau. Il demande au gouvernement fédéral et à la direction de la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPCL) de rouvrir au plus vite les raffineries publiques du pays. Pour lui, la remise en service de ces infrastructures est la réponse la plus directe à la cherté des produits pétroliers. Le Nigeria, premier producteur de brut en Afrique, importe pourtant l'essentiel de son carburant raffiné. Une aberration qui coûte cher en devises et expose le pays aux soubresauts du marché mondial.
Les raffineries publiques de Port Harcourt, Warri et Kaduna sont à l'arrêt ou fonctionnent très en dessous de leurs capacités depuis des années. Leur réhabilitation a été annoncée à plusieurs reprises, mais les résultats se font attendre. Résultat : la NNPCL continue d'acheter du carburant à l'étranger, puis de le revendre à des prix qui suivent la volatilité du naira et du baril. La dépréciation de la monnaie nigériane a renchéri les importations, et chaque baisse du naira se répercute presque mécaniquement sur le prix à la pompe. Pour les commerçants et les transporteurs, cette dépendance aux importations est devenue un casse-tête quotidien. Les appels à une solution locale se multiplient, mais les obstacles techniques et financiers restent nombreux.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Quand le carburant coûte plus cher, les ménages nigérians qui reçoivent de l'argent de l'étranger voient leur pouvoir d'achat fondre. Chaque hausse du pétrole rogne un peu plus la valeur des envois. Les opérateurs de transfert, eux, ajustent leurs taux en fonction du naira, qui reste sous pression. Dans ce contexte, la question de la relance des raffineries dépasse le seul cadre énergétique : elle touche à la stabilité des prix, à la balance commerciale et au quotidien des familles.
Relancer les raffineries publiques ne se fera pas en un jour. Les experts estiment qu'il faudra des investissements lourds et une gestion transparente pour éviter les erreurs du passé. Mais pour Joseph Obele, le statu quo n'est plus tenable. Chaque mois de retard, c'est une facture d'importation qui grimpe et des Nigérians qui paient le prix fort à la pompe. La balle est dans le camp de la NNPCL et du gouvernement fédéral, sommés de choisir entre continuer à importer ou remettre enfin en marche l'outil industriel national.
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