Oyo : Makinde prolonge les primes salariales et la subvention transport pour trois mois
Le gouverneur de l'État d'Oyo, Seyi Makinde, reconduit pour trois mois la prime salariale versée aux fonctionnaires et la subvention des transports, afin d'amortir la cherté de la vie.

Seyi Makinde a signé la reconduction de deux dispositifs qui pèsent directement sur le budget des ménages d'Oyo. La prime salariale versée aux agents de l'État est prolongée de trois mois, tout comme la subvention qui fait baisser le prix des transports en commun. Le gouverneur justifie cette décision par la pression inflationniste qui rogne le pouvoir d'achat des fonctionnaires depuis la fin de la subvention fédérale sur l'essence. Oyo compte parmi les États les plus peuplés du sud-ouest nigérian, et sa capitale Ibadan abrite une fonction publique nombreuse. Chaque reconduction de ce type se traduit par une charge budgétaire supplémentaire que l'exécutif local doit financer sur ses recettes propres.
Le timing n'est pas anodin. La mesure intervient alors que les discussions sur le nouveau salaire minimum national patinent entre le gouvernement fédéral et les centrales syndicales. En prolongeant sa prime, Makinde envoie un signal d'apaisement aux organisations de travailleurs de son État. Il évite aussi que la grogne sociale ne s'invite dans les négociations fédérales, où les États sont souvent accusés de ne pas pouvoir suivre une hausse trop forte du salaire de base. Pour les fonctionnaires d'Oyo, l'effet est immédiat : le complément tombe sur la paie d'avril, de mai et de juin.
La subvention transport, elle, touche un public plus large que les seuls agents publics. Elle maintient un tarif réduit sur les trajets desservis, ce qui allège la facture des déplacements quotidiens dans une ville où les embouteillages et les longues distances sont la norme. Ce type de soutien coûte cher sur la durée, et l'État devra arbitrer entre le maintien de ces aides et ses autres priorités, santé et éducation en tête. D'autres gouverneurs regardent ce qu'il se passe à Oyo : si le modèle tient, il pourrait inspirer d'autres États confrontés à la même équation sociale.
Reste la question du financement. Oyo, comme la plupart des États nigérians, dépend en partie des allocations fédérales, elles-mêmes sensibles au cours du pétrole et au taux de change. Une reconduction de trois mois reste gérable ; une prolongation sur douze mois poserait un problème autrement plus sérieux. Makinde a choisi de gagner du temps, en attendant que les négociations salariales nationales accouchent d'une décision claire. D'ici là, les fonctionnaires d'Oyo savent qu'ils toucheront leur complément jusqu'en juin, sans garantie pour la suite.
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