DICON mise sur 7 000 emplois pour produire localement l'équipement militaire nigérian
La Defence Industries Corporation of Nigeria relance son plan d'autosuffisance en équipements militaires, avec l'objectif d'attirer des investissements étrangers et de créer 7 000 emplois.

La Defence Industries Corporation of Nigeria (DICON) revient sur le devant de la scène. L'entreprise publique, via sa filiale DICON-D7G, a dévoilé un plan pour réduire la dépendance du pays aux importations d'armement et de matériel militaire. L'objectif affiché : produire localement ce que l'armée nigériane achète aujourd'hui à l'étranger, et créer 7 000 emplois au passage. Le contexte s'y prête. Abuja fait face à plusieurs fronts sécuritaires — Boko Haram dans le nord-est, des groupes armés dans le nord-ouest, des tensions communautaires dans le centre. Les budgets de défense augmentent, mais la facture des importations pèse lourd sur les réserves de devises.
Le pari de DICON repose sur un modèle mixte : attirer des investisseurs étrangers pour transférer de la technologie, tout en s'appuyant sur un tissu industriel local encore fragile. L'entreprise a déjà signé des partenariats par le passé, notamment avec des firmes turques et chinoises, mais les résultats sont restés modestes. Cette fois, DICON promet des lignes de production pour des véhicules blindés, des armes légères et des munitions. Le gouvernement de Bola Tinubu affiche sa volonté de soutenir le projet, sans préciser l'enveloppe budgétaire engagée.
Le défi est double. Il faut d'abord convaincre les partenaires étrangers que le cadre juridique et sécuritaire nigérian protège leurs investissements. Ensuite, il faut former une main-d'œuvre qualifiée dans un pays où l'industrie manufacturière reste embryonnaire. Les 7 000 emplois annoncés concerneraient des techniciens, des ingénieurs et des ouvriers spécialisés, principalement dans les États d'Abuja et de Kaduna, où DICON possède déjà des sites. Pour le Nigeria, l'enjeu dépasse le militaire : c'est aussi une tentative de créer une base industrielle dans un secteur à forte valeur ajoutée.
Reste à voir si les promesses se traduiront dans les faits. DICON traîne une réputation de sous-capacité et de retards chroniques. Les précédents plans d'autosuffisance n'ont jamais atteint leurs cibles. Cette fois, l'entreprise mise sur un partenariat avec le secteur privé pour accélérer. Les analystes restent prudents : sans commandes fermes de l'armée et sans garanties sur la propriété intellectuelle, les investisseurs étrangers pourraient se montrer réticents. Le Nigeria a les moyens de son ambition démographique, pas encore ceux de son ambition industrielle.
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