OPay vise la Bourse de New York, les sorties de start-up africaines s'animent
Le nigérian OPay prépare une introduction à la NYSE, signe que les sorties de start-up africaines pourraient reprendre après deux ans de disette. Le marché guette aussi une cotation du panafricain MNT-Halan.

Le fintech nigérian OPay a déposé les premiers documents en vue d'une introduction à la Bourse de New York. L'opération, si elle aboutit, marquerait la plus grosse sortie d'une start-up africaine depuis des années. OPay revendique plus de 30 millions d'utilisateurs et une présence dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. Son modèle repose sur les paiements mobiles, les transferts d'argent et une offre de services financiers élargie. La société n'a pas encore communiqué de valorisation, mais les investisseurs parlent d'une opération à plusieurs milliards de dollars. Le dossier est suivi de près par les fonds de capital-risque présents sur le continent.
Le contexte est celui d'un marché des sorties en panne. Après une vague de cotations et de rachats entre 2020 et 2021, les introductions se sont raréfiées. Les investisseurs ont vu leurs liquidités se bloquer, et les start-up ont dû lever à des valorisations moins flatteuses. La préparation d'OPay redonne de l'espoir à tout un écosystème. Le panafricain MNT-Halan, spécialisé dans le crédit et les paiements, est aussi cité pour une possible cotation. Ces deux dossiers pourraient servir de test pour savoir si les marchés internationaux sont prêts à rouvrir leurs portes aux sociétés africaines.
Pour les opérateurs de transferts et de change, ces évolutions comptent. OPay a bâti sa croissance sur les besoins de la diaspora et des commerçants ouest-africains. Une entrée en Bourse réussie lui donnerait les moyens d'accélérer, notamment dans les corridors où le FCFA et le Naira circulent. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent ces mouvements de près, car elles partagent la même clientèle et les mêmes corridors. La concurrence sur les frais et les taux de change s'annonce plus rude si les acteurs se dotent de nouveaux capitaux.
Reste à savoir si les marchés suivront. Une cotation à New York exige des comptes solides et une gouvernance irréprochable, deux points où les start-up africaines sont souvent attendues au tournant. Le succès d'OPay pourrait ouvrir la voie à d'autres. Un échec, en revanche, renverrait les investisseurs à leurs doutes. Pour l'instant, le simple dépôt du dossier suffit à ranimer les discussions dans les milieux du capital-risque africain.
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