Nigeria : les syndicats des boissons s'opposent à la hausse de la taxe sur les sodas
Le syndicat des travailleurs de l'alimentation et du tabac (NUFBTE) demande à la Chambre des représentants de rejeter l'amendement fiscal sur les boissons sucrées, craignant des fermetures d'usines et des pertes d'emplois.

Le bras de fer est engagé entre le gouvernement nigérian et les syndicats de l'industrie des boissons. La National Union of Food, Beverage and Tobacco Employees (NUFBTE) a officiellement demandé à la Chambre des représentants de bloquer l'amendement qui prévoit d'alourdir la taxe sur les boissons sucrées. Pour les dirigeants du syndicat, cette mesure serait un coup dur pour un secteur déjà fragilisé par l'inflation et la dévaluation du naira. Ils avertissent : si le texte passe, plusieurs usines fermeront leurs portes, entraînant des milliers de licenciements dans un pays où le chômage des jeunes reste un défi majeur.
Le débat ne date pas d'hier. Depuis l'introduction de la taxe sur les boissons sucrées en 2021, les industriels n'ont cessé de réclamer son abrogation ou, à défaut, son allègement. Ils arguaient déjà que cette fiscalité renchérissait les coûts de production et rognait leurs marges dans un environnement économique difficile. Aujourd'hui, avec la flambée des prix de l'énergie et des matières premières, la menace d'une augmentation supplémentaire passe mal. Les syndicats rappellent que le secteur emploie directement des dizaines de milliers de personnes et fait vivre des chaînes de valeur entières, des distributeurs aux détaillants.
Pour les autorités, l'équation est complexe. D'un côté, il faut trouver des recettes budgétaires pour financer les infrastructures et les programmes sociaux. De l'autre, il faut ménager un tissu industriel qui peine à redémarrer. La taxe sur les sodas, présentée comme un outil de santé publique pour lutter contre l'obésité et le diabète, se heurte à la réalité économique d'un pays où le pouvoir d'achat s'effrite. Les parlementaires devront trancher entre la nécessité de nouvelles ressources et la préservation de l'emploi dans un secteur manufacturier déjà éprouvé.
L'issue de ce bras de fer en dira long sur la capacité du gouvernement à concilier rigueur budgétaire et soutien à l'économie réelle. Si les députés rejettent l'amendement, ils enverront un signal fort aux industriels : celui d'une écoute des préoccupations du secteur privé. Dans le cas contraire, les syndicats promettent déjà des mobilisations. Une chose est sûre : la santé de l'industrie nigériane des boissons reste suspendue aux décisions de la Chambre des représentants.
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