Okonjo-Iweala presse les États du Delta du Niger de créer des zones économiques spéciales
La directrice générale de l'OMC appelle les États du Delta du Niger à bâtir des zones économiques spéciales pour attirer les investissements, tandis que la NDDC annonce le déblocage de 5 milliards de nairas.

Ngozi Okonjo-Iweala ne s'adresse plus seulement à Genève. La directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce a pris la parole devant les responsables des États du Delta du Niger pour leur demander de créer des zones économiques spéciales. Son argument tient en une phrase : sans infrastructures solides, sans projets réellement exécutés et sans coûts commerciaux maîtrisés, aucun investisseur sérieux ne posera ses valises dans la région. Elle connaît le terrain, elle qui a géré les finances du Nigeria sous Goodluck Jonathan. Le message n'est pas une leçon théorique.
La région produit une part écrasante du pétrole nigérian, mais elle reste dépendante d'une seule ressource. Les routes, les ports, l'électricité y sont en retard sur les besoins des entreprises. Okonjo-Iweala insiste sur un point précis : les zones économiques spéciales ne fonctionnent que si l'État tient ses promesses. Un parc industriel sans courant stable ni accès routier correct se transforme vite en coquille vide. Les investisseurs étrangers, eux, comparent les coûts logistiques avant de signer. Réduire ces coûts, c'est rendre la région compétitive face à Lagos ou Port Harcourt.
La Commission de développement du Delta du Niger (NDDC) a profité de l'occasion pour annoncer le déblocage d'une première enveloppe de 5 milliards de nairas destinée aux entreprises de la zone. Une somme modeste à l'échelle des besoins, mais qui sert de signal. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : une économie locale plus structurée attire des capitaux, et les flux d'argent vers la région deviennent plus réguliers et moins coûteux à acheminer.
Reste à voir si les gouverneurs suivront. Le Delta du Niger a déjà connu des annonces de zones industrielles restées sans suite. Ce qui manque, ce n'est pas l'argent fédéral ni les intentions, c'est la continuité dans l'exécution. Okonjo-Iweala le sait : une zone économique spéciale met cinq à dix ans avant de produire des résultats visibles. Les États qui s'engageront maintenant récolteront les investissements de la prochaine décennie. Les autres continueront d'attendre que le pétrole remonte.
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