NNPC attend les rapports techniques pour relancer les raffineries de Port Harcourt et Warri
La compagnie pétrolière nationale nigériane suspend ses investissements dans la remise en état des raffineries de Port Harcourt et Warri, le temps de recevoir les évaluations de deux cabinets chinois.

La Nigerian National Petroleum Company (NNPC) a confirmé qu'elle attendait les rapports d'évaluation technique de deux entreprises chinoises avant de signer les accords d'investissement pour la remise en service des raffineries de Port Harcourt et de Warri. Ces infrastructures, vieillissantes et sous-exploitées depuis des années, sont au cœur de la stratégie de Abuja pour réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés. Le pays, premier producteur de brut du continent, importe encore la quasi-totalité de son essence, une aberration économique qui pèse lourdement sur ses réserves de devises.
Les deux raffineries, situées dans le delta du Niger, affichent des capacités théoriques de 210 000 barils par jour pour Port Harcourt et 125 000 pour Warri. Mais leur taux d'utilisation réel frôle le zéro depuis des années, faute de maintenance et de gestion efficace. La NNPC a déjà dépensé des sommes considérables en contrats de réhabilitation qui n'ont jamais produit les résultats escomptés. Cette fois, la compagnie promet une approche plus rigoureuse, conditionnée à des audits indépendants menés par les partenaires chinois. Une prudence qui traduit aussi la défiance des autorités après plusieurs scandales financiers dans le secteur.
Pour le Nigeria, l'enjeu dépasse la simple question énergétique. Chaque jour de retard dans la remise en route des raffineries maintient une pression insoutenable sur le Naira, déjà malmené sur les marchés des changes. Les importations de carburant engloutissent des milliards de dollars de réserves, alimentant la volatilité de la monnaie et renchérissant le coût des transferts pour la diaspora. Pour les opérateurs ouest-africains, un rétablissement même partiel de la capacité de raffinage locale changerait la donne sur les prix à la pompe et, en cascade, sur l'ensemble des coûts logistiques dans la sous-région.
La balle est désormais dans le camp des évaluateurs chinois. Leur rapport déterminera non seulement le montant des investissements à engager, mais aussi le calendrier de redémarrage. Abuja joue gros : au-delà des promesses politiques, c'est la crédibilité de la NNPC qui est en jeu. Si les raffineries redémarrent enfin, le Nigeria pourrait économiser des milliards de dollars annuels et stabiliser sa monnaie. Dans le cas contraire, le pays restera prisonnier d'un paradoxe coûteux : exporter du brut, importer du carburant, et voir sa devise s'effriter mois après mois.
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