Nigeria : une nouvelle agence pour réguler les ports et doper l'économie bleue
Le ministre de l'Économie maritime, Adegboyega Oyetola, a dévoilé la loi de 2026 créant l'Agence nigériane de régulation économique des ports, un cadre inédit pour le secteur.
Le gouvernement nigérian a franchi une étape décisive dans la réforme de son secteur portuaire. Lundi, le ministre de la Marine et de l'Économie bleue, Adegboyega Oyetola, a présenté la loi de 2026 sur l'Agence nigériane de régulation économique des ports (Nigeria Ports Economic Regulatory Agency Act), désormais publiée au Journal officiel. Ce texte institue une autorité unique chargée de superviser les activités économiques des ports, de fixer les tarifs et de veiller à la concurrence. Il s'agit de remplacer un dispositif jugé fragmentaire et de donner au Nigeria les moyens de tirer pleinement parti de ses infrastructures portuaires, parmi les plus fréquentées d'Afrique de l'Ouest.
Concrètement, la nouvelle agence aura la main sur les redevances portuaires, les licences et les conditions d'accès aux terminaux. Elle devra aussi arbitrer les différends entre opérateurs et usagers, une mission qui revenait jusqu'ici à plusieurs entités. Pour les importateurs et les exportateurs nigérians, cette clarification pourrait réduire les surcoûts et les délais inhérents à la multiplicité des interlocuteurs. Les professionnels du secteur attendent surtout une baisse des frais de passage, souvent dénoncés comme un frein à la compétitivité des produits nigérians.
Le port de Lagos, poumon économique du pays, concentre à lui seul l'essentiel du trafic conteneurisé. Mais la congestion et les tracasseries administratives ont longtemps plombé son rendement. En centralisant la régulation, Abuja espère attirer davantage d'investissements dans les terminaux et les services associés. La loi prévoit également un mécanisme de suivi des performances, avec publication régulière d'indicateurs. Une manière de responsabiliser les gestionnaires et de rassurer les partenaires étrangers, notamment ceux qui financent les infrastructures via des partenariats public-privé.
Reste à voir comment l'agence s'articulera avec l'Autorité portuaire du Nigeria (NPA), qui conserve la gestion domaniale. Les chevauchements de compétences sont le principal risque de cette réforme. Le ministère assure que les décrets d'application clarifieront les rôles avant la fin de l'année. Pour l'heure, les opérateurs saluent une avancée, mais attendent des actes. La balle est dans le camp du gouvernement, qui devra nommer rapidement les dirigeants de l'agence et lui allouer un budget à la hauteur de ses ambitions.
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