Nigeria : un retour des subventions sur l'essence coûterait 19 000 milliards de nairas par an
Le Centre for the Promotion of Private Enterprise chiffre à 19 160 milliards de nairas par an le coût d'un retour des subventions universelles sur l'essence, un scénario qui pèserait lourdement sur les finances publiques nigérianes.

Le Centre for the Promotion of Private Enterprise (CPPE) a mis un chiffre sur une hypothèse qui agite les milieux économiques nigérians depuis des mois : le retour d'une subvention universelle sur l'essence coûterait environ 19 160 milliards de nairas par an. Un montant qui équivaut à une part considérable du budget fédéral. Le CPPE, un think tank dirigé par l'économiste Muda Yusuf, a rendu public son estimation cette semaine, alors que la pression sociale monte autour du prix des carburants.
Depuis l'arrêt des subventions en mai 2023, le prix du litre d'essence est passé de 185 à plus de 1 000 nairas dans certaines stations. Les transporteurs, les petits commerçants et les ménages ont absorbé la hausse, mais le débat politique reste vif. Le gouvernement de Bola Tinubu défend la fin des subventions comme une condition pour assainir les finances publiques. Ses détracteurs rappellent que la mesure a nourri une inflation à plus de 30 % et poussé des millions de Nigérians vers la précarité.
Le CPPE ne se prononce pas pour ou contre la subvention. Il pointe un risque budgétaire : si l'État revenait à un système universel, il devrait financer ces 19 000 milliards en réduisant d'autres dépenses ou en empruntant davantage. Or, le service de la dette absorbe déjà plus de 40 % des recettes fédérales. Une telle ponction sur le budget laisserait peu de marges pour les infrastructures, la santé ou l'éducation. Le think tank suggère plutôt des subventions ciblées sur les plus vulnérables, moins coûteuses et plus faciles à contrôler.
La question divise aussi le monde des affaires. Les importateurs et les raffineurs locaux, dont la Dangote Refinery, ont intérêt à un marché libre où les prix reflètent les coûts réels. Mais une remise en cause de la libéralisation créerait une incertitude sur les contrats et les investissements. Pour l'instant, le gouvernement n'a pas annoncé de changement de cap. Le débat, lui, devrait s'intensifier à mesure que les élections locales approchent et que la colère sociale monte dans les États du Nord, où le prix du carburant pèse le plus sur les budgets familiaux.
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