Nigeria : plus de 70 % des créateurs de contenu religieux ne gagnent rien sur les plateformes numériques
Un rapport révèle que la majorité des créateurs de contenu de foi au Nigeria ne tirent aucun revenu de leurs productions, malgré l'essor des plateformes numériques pour diffuser des récits religieux.

Le Nigeria compte une scène numérique religieuse parmi les plus dynamiques d'Afrique. Prêches, louanges, enseignements bibliques ou coraniques : des milliers de créateurs produisent chaque semaine des contenus qui attirent des millions de vues sur YouTube, Facebook ou TikTok. Pourtant, selon un nouveau rapport sur l'écosystème médiatique confessionnel nigérian, plus de 70 % de ces créateurs ne perçoivent pas un kobo de ces plateformes. Ils publient, ils inspirent, mais ils ne monétisent pas.
Le problème n'est pas l'audience. Les chaînes de foi nigériannes figurent souvent parmi les plus suivies du pays. Mais les règles de monétisation des géants du numérique restent opaques et exigeantes : seuils d'abonnés, heures de visionnage, restrictions sur les contenus religieux dans certains pays. Résultat, beaucoup de créateurs se tournent vers les dons directs ou les partenariats avec des églises et des mosquées, sans jamais toucher les revenus publicitaires. Cette dépendance aux soutiens communautaires fragilise leur modèle économique.
Pour les plateformes de transfert d'argent, ce constat n'est pas anodin. La diaspora nigériane, très impliquée dans le financement des projets religieux, utilise de plus en plus les canaux numériques pour soutenir ces créateurs. Des plateformes comme SendXOF répercutent en temps réel les taux de change, ce qui permet aux donateurs d'envoyer des fonds sans perte excessive. Mais tant que les créateurs n'ont pas accès aux revenus publicitaires, ils resteront dépendants de cette générosité extérieure.
Ce rapport met en lumière une contradiction : le Nigeria exporte massivement sa ferveur religieuse sur les réseaux, mais les retombées économiques restent captées ailleurs. Former les créateurs aux outils de monétisation, négocier des accords locaux avec les plateformes, diversifier les sources de revenus : les pistes existent. Reste à savoir si l'écosystème saura s'organiser pour transformer l'audience en revenus durables.
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