L'Inde veut plus de brut nigérian après l'accord Shettima-Modi au sommet des BRICS
L'Inde cherche à augmenter ses achats de pétrole brut nigérian. Le vice-président Kashim Shettima et le Premier ministre Narendra Modi ont promis de renforcer les échanges commerciaux en marge du sommet des BRICS à New Delhi.

L'Inde a besoin de pétrole et elle le fait savoir. En marge du sommet des BRICS à New Delhi, le vice-président nigérian Kashim Shettima et le Premier ministre indien Narendra Modi ont affiché leur volonté de renforcer les échanges. Derrière les poignées de main, un enjeu simple : New Delhi veut sécuriser davantage de brut nigérian. L'Inde importe déjà massivement du pétrole, mais elle cherche à réduire sa dépendance au Moyen-Orient. Le Nigeria, premier producteur africain, a les volumes. Reste à s'entendre sur les prix et la logistique.
Pour Abuja, l'équation est double. Il faut vendre plus de brut pour remplir les caisses de l'État, mais aussi attirer des investissements indiens dans le raffinage local. Les deux pays parlent depuis des années de coopération dans l'énergie, sans résultat spectaculaire. Cette fois, les discussions ont lieu au plus haut niveau. L'Inde a déjà investi dans des champs pétroliers nigérians par le passé, mais les infrastructures restent le maillon faible. Sans raffineries fonctionnelles, le Nigeria exporte son brut et importe du carburant raffiné, une aberration économique qui coûte cher en devises.
Le rapprochement avec l'Inde intervient dans un contexte de réorganisation des flux pétroliers mondiaux. La Russie, sous sanctions, a redirigé ses exportations vers l'Asie, bousculant les équilibres. Pour le Nigeria, chaque baril vendu à l'Inde est une bouffée d'oxygène. Les recettes pétrolières représentent encore plus de 80 % des exportations nigérianes. Une augmentation des achats indiens soutiendrait le Naira, déjà malmené. Les opérateurs de change suivent ces signaux de près, car un afflux de dollars pétroliers peut faire baisser la pression sur la monnaie locale.
Rien n'est encore signé. Les déclarations d'intention ne valent pas contrat. L'Inde a d'autres fournisseurs, et le Nigeria doit améliorer la sécurité de ses installations pétrolières, régulièrement attaquées dans le delta du Niger. La production stagne autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions d'il y a dix ans. Sans stabilité et sans investissements dans les infrastructures, les promesses de New Delhi resteront des paroles. Le vrai test sera dans les chiffres du commerce bilatéral des prochains mois.
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