Nigeria mise sur le sel et le riz enrichis pour freiner la malnutrition
Le gouvernement nigérian déploie une stratégie de fortification des aliments de base pour réduire les carences nutritionnelles qui coûtent des milliards de dollars au pays chaque année.

Le Nigeria a décidé de s'attaquer à la malnutrition par l'assiette. Le pays mise sur la fortification à grande échelle de produits de consommation courante comme le sel, le riz ou l'huile végétale. L'objectif : faire passer des nutriments essentiels — fer, vitamine A, iode, zinc — dans les aliments que les Nigérians achètent tous les jours, sans changer leurs habitudes. La stratégie s'appuie sur des partenariats avec les industriels locaux et les importateurs, chargés d'ajouter ces micronutriments lors de la transformation. Le gouvernement veut ainsi toucher des millions de personnes à faible coût, sans attendre que les comportements alimentaires changent en profondeur.
Les chiffres donnent la mesure du problème. Près de 37 % des enfants nigérians de moins de cinq ans souffrent d'un retard de croissance, selon les données de l'UNICEF. Les carences en vitamine A et en fer touchent des millions de femmes enceintes et d'enfants en bas âge, avec des conséquences durables sur le développement cognitif et la productivité future. Le Programme alimentaire mondial estime que la malnutrition coûte au Nigeria environ 1,5 milliard de dollars par an en pertes de revenus et en dépenses de santé. Un manque à gagner que le pays ne peut plus se permettre alors que la population dépasse 220 millions d'habitants et que la pression sur les systèmes alimentaires s'intensifie.
La fortification ne date pas d'aujourd'hui. Le Nigeria a rendu obligatoire l'iodation du sel dès 1993, une mesure qui a fait chuter les troubles liés à la carence en iode. Mais l'application des normes reste inégale. Les petits producteurs échappent souvent aux contrôles, et les produits importés ne respectent pas toujours les exigences locales. Le défi est donc moins législatif qu'opérationnel : comment s'assurer que chaque sac de riz ou de sel vendu sur les marchés d'Onitsha ou de Kano contient bien les nutriments promis ? Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, un rappel que la traçabilité des flux — qu'ils soient monétaires ou alimentaires — devient un enjeu central pour les économies ouest-africaines.
La réussite de cette stratégie dépendra de deux facteurs. D'abord, la capacité des autorités à contrôler la chaîne de production, des grandes usines aux ateliers artisanaux. Ensuite, l'acceptation par les consommateurs, qui doivent faire confiance à des produits modifiés sans en voir les effets immédiats. D'autres pays africains suivent le modèle nigérian de près. Si les résultats sont au rendez-vous, le Nigeria pourrait devenir un laboratoire régional de la lutte contre la malnutrition — un enjeu de santé publique, mais aussi de croissance économique à long terme.
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