Nigeria : les syndicats du tabac et de l'agroalimentaire bloquent la réforme douanière
Le syndicat NUFBTE demande à la Chambre des représentants de suspendre l'adoption du projet de loi CETA, qui modifie les droits de douane et d'accise, craignant des fermetures d'usines et des pertes d'emplois.

Le bras de fer est engagé à Abuja. La direction du Syndicat national des employés de l'alimentation, des boissons et du tabac (NUFBTE) a officiellement demandé à la Chambre des représentants de ne pas donner son aval au projet de loi d'amendement sur la consolidation des droits de douane et d'accise, connu sous le sigle CETA. Pour les responsables syndicaux, ce texte n'est pas une simple mise à jour technique des tarifs. Il menace directement la survie de dizaines d'usines locales, déjà fragilisées par un coût de l'énergie en hausse et une inflation qui ronge les marges.
Le nœud du problème se situe dans la fiscalité appliquée aux boissons et au tabac. Le NUFBTE affirme que les nouvelles grilles d'accise, si elles sont adoptées en l'état, entraîneront une hausse mécanique des prix de détail. Résultat attendu selon le syndicat : une chute de la demande, des stocks qui s'accumulent et, à terme, des réductions d'effectifs dans un secteur qui emploie plusieurs centaines de milliers de personnes à travers le pays. Les industriels du secteur, eux, parlent d'un effet domino sur toute la chaîne de valeur, des planteurs de tabac aux transporteurs.
La Chambre des représentants n'a pas encore statué sur la demande de suspension. Mais le dossier met en lumière une tension récurrente au Nigeria : l'État cherche à élargir son assiette fiscale pour compenser la volatilité des revenus pétroliers, tandis que le secteur privé, lui, réclame de la visibilité et des taux stables. Pour les opérateurs économiques, l'incertitude douanière est souvent aussi coûteuse qu'une taxe elle-même. Les entreprises qui importent des intrants ou exportent vers la sous-région scrutent ces débats de près, car chaque ajustement tarifaire se répercute sur leurs coûts et donc sur leurs prix de vente.
Reste à savoir si le Parlement cède à la pression syndicale ou maintient le cap budgétaire. Une chose est sûre : dans un pays où le secteur manufacturier tourne déjà au ralenti, un choc fiscal supplémentaire pourrait faire basculer plusieurs opérateurs. Le NUFBTE promet de mobiliser ses sections locales si le texte passe sans amendement. Le dossier CETA devient ainsi un test politique pour la Chambre basse, prise entre impératif de recettes et impératif de survie industrielle.
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