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Nigeria : les réserves de change coûtent 10 milliards de dollars par an, selon Chike-Obi

L'ancien président de Fidelity Bank critique la gestion des réserves de change nigérianes, qu'il juge coûteuses et peu rentables, dans un contexte de défense acharnée du naira.

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Rédaction SendXOF

Publié le 19 octobre 2026

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Nigeria : les réserves de change coûtent 10 milliards de dollars par an, selon Chike-Obi

Mustafa Chike-Obi, ancien président de Fidelity Bank, a déclenché un débat sur la gestion des réserves de change du Nigeria. Selon lui, le pays dépenserait plus de 10 milliards de dollars par an pour maintenir des réserves qui rapportent peu. Une sortie qui tombe à pic : la banque centrale (CBN) vient de publier des réserves brutes autour de 40 milliards de dollars, un niveau qu'elle présente comme un rempart contre les chocs extérieurs. Chike-Obi, lui, voit dans cette accumulation une charge plutôt qu'une richesse. Son argument : les réserves sont majoritairement placées en actifs sûrs à faible rendement, pendant que le pays emprunte à des taux bien plus élevés.

Le raisonnement se tient. Le Nigeria émet des eurobonds à 8 ou 9 % et conserve en parallèle des dizaines de milliards en bons du Trésor américain qui rapportent à peine 4 %. L'écart de taux, appliqué à une réserve de 40 milliards, représente un manque à gagner considérable. Chike-Obi chiffre le coût de portage à plus de 10 milliards de dollars annuels, un montant proche de ce que le pays consacre à l'essence subventionnée. Pour les opérateurs de change, cette gestion a une conséquence directe : la CBN défend le naira à coups d'interventions coûteuses, ce qui assèche la liquidité sur le marché officiel et alimente les écarts avec le parallèle. Des plateformes comme SendXOF répercutent ces tensions sur leurs taux en temps réel, et la diaspora en subit les effets.

La critique n'est pas neuve, mais elle prend un relief particulier à l'approche de la publication des comptes de la CBN. Le gouverneur actuel, Olayemi Cardoso, a fait de la reconstitution des réserves une priorité depuis son arrivée. Chike-Obi ne conteste pas l'utilité d'un matelas de sécurité, mais plaide pour une gestion plus active : réduire le coût de portage, diversifier les placements, et surtout cesser de financer des réserves avec de la dette commerciale. Une équation délicate alors que le pays cherche à stabiliser sa monnaie sans étouffer la croissance.

Le débat sur les réserves nigérianes dépasse largement les cercles bancaires. Il touche à la crédibilité de la politique monétaire et à la capacité du pays à attirer des investisseurs. Si Chike-Obi a raison sur le coût, la question devient politique : combien le Nigeria est-il prêt à payer pour la stabilité de son naira ? La réponse dépendra de la confiance des marchés, mais aussi de la capacité de la CBN à expliquer ses choix. Pour l'instant, ni la banque centrale ni le ministère des Finances n'ont réagi publiquement aux chiffres avancés.

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