Nigeria : les réformes de la NNPC dopent la production pétrolière de 600 000 barils par jour
La compagnie pétrolière nationale nigériane attribue à ses réformes une hausse de la production de brut, passée à 1,8 million de barils par jour. Un rebond qui redonne de l'air aux finances publiques.

La Nigeria National Petroleum Company (NNPC) a annoncé lundi que la production de pétrole brut du pays avait augmenté de 600 000 barils par jour, pour atteindre 1,8 million de barils quotidiens. La compagnie attribue cette progression aux réformes engagées dans le secteur pétrolier et gazier. Ce chiffre marque un redressement notable après des années de contre-performance, dues aux sabotages d'oléoducs, aux vols de brut et au sous-investissement chronique dans les infrastructures. Le pays, premier producteur africain, avait vu sa production chuter sous les 1,2 million de barils par jour en 2022, loin de sa capacité théorique de 2,2 millions.
Cette remontée ne relève pas du hasard. La NNPC a renforcé la surveillance des pipelines, sécurisé des terminaux d'exportation et attiré de nouveaux investissements dans des champs matures. La compagnie a aussi révisé ses contrats de service avec les majors internationales, offrant des conditions plus incitatives pour l'exploration et la maintenance des installations. Sur le terrain, les opérateurs constatent une meilleure fiabilité des flux, notamment à Forcados et Bonny, deux terminaux clés pour les exportations de brut nigérian.
Pour l'économie nigériane, l'enjeu est direct. Le pétrole représente environ 80 % des recettes en devises du pays et plus de la moitié des recettes budgétaires. Chaque baril supplémentaire exporté allège la pression sur les réserves de change et sur le naira, qui a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023. Une production stabilisée à 1,8 million de barils par jour pourrait générer plusieurs milliards de dollars de recettes supplémentaires sur l'année, selon les projections de la NNPC. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira plus stable rend les envois de fonds plus prévisibles.
Reste à savoir si cette dynamique tiendra. Les défis structurels demeurent : vétusté des installations, insécurité dans le delta du Niger, volatilité des cours mondiaux. La NNPC mise sur de nouveaux partenariats et sur la modernisation des raffineries locales pour consolider les gains. Mais les observateurs attendent des chiffres confirmés par les organismes indépendants, comme l'OPEP, avant de crier victoire. La production de 1,8 million de barils par jour reste en dessous du quota autorisé par l'OPEP, fixé à 1,5 million de barils pour 2024, ce qui laisse une marge de progression. Le gouvernement nigérian, lui, compte sur ce rebond pour financer son budget 2025, qui prévoit des dépenses en hausse de 30 %.
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