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Nigeria : les prix du gaz bloquent toujours l'essor de l'économie gazière

Le Nigeria veut bâtir une économie autour du gaz, mais le contrôle des prix et les risques pour les investisseurs freinent les projets. Sans libéralisation du marché, les ambitions restent théoriques.

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Rédaction SendXOF

Publié le 20 octobre 2026

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Nigeria : les prix du gaz bloquent toujours l'essor de l'économie gazière

Le Nigeria veut faire du gaz le moteur de son développement industriel. Les réserves sont là : plus de 200 000 milliards de pieds cubes, selon les chiffres officiels. Mais sur le terrain, les projets avancent au ralenti. En cause, un système de prix administrés qui décourage les opérateurs. Les producteurs vendent leur gaz à des tarifs fixés par l'État, souvent en dessous du coût de revient. Résultat : personne ne veut investir dans les infrastructures de traitement et de transport. Les usines de liquéfaction tournent en sous-régime, et les centrales électriques peinent à s'approvisionner.

La Nigeria LNG, le fleuron du secteur, a réduit ses exportations ces derniers mois. Les acheteurs européens, eux, se tournent vers d'autres fournisseurs plus fiables. Pendant ce temps, le gouvernement continue de promettre une « décennie du gaz » sans toucher au cadre tarifaire. Les investisseurs étrangers, eux, attendent des signaux clairs. Un cadre réglementaire stable et des prix indexés sur le marché international sont les conditions minimales pour débloquer les financements. Sans cela, les projets resteront dans les cartons.

Le problème est connu depuis des années. Les rapports de la Banque mondiale et du FMI pointent régulièrement l'absence de marché intérieur viable. Le gaz nigérian part principalement à l'exportation, alors que le pays a besoin d'électricité pour ses industries. Les subventions aux carburants détournent aussi les ressources qui pourraient servir à développer le réseau de distribution. Les pertes techniques et le vandalisme des pipelines aggravent la facture. Bref, le pays a le produit, mais pas les tuyaux ni les règles pour le valoriser.

Pour les opérateurs, la solution passe par une libéralisation progressive des prix. Le gouvernement a promis d'aligner les tarifs du gaz sur ceux du marché, mais les réformes traînent. Les élections approchent, et les hausses de prix sont politiquement risquées. Pourtant, sans ce signal, les banques et les fonds d'investissement ne financeront pas les projets. Le Nigeria risque de rater le coche de la transition énergétique, alors que l'Europe cherche à remplacer le gaz russe. Les réserves sont là, mais l'économie gazière, elle, reste une promesse lointaine.

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