Nigeria : les métallurgistes plaident pour la transformation locale des minerais
La Nigerian Metallurgical Society réclame plus d'investissements dans le traitement local des minerais et la production métallurgique, pour passer de l'export brut à une industrie créatrice d'emplois et réduire les importations.

La Nigerian Metallurgical Society (NMS) monte au créneau. L'association professionnelle demande aux autorités et aux industriels d'investir massivement dans le traitement local des minerais, la production métallurgique et la fabrication. Son argument tient en une phrase : exporter du minerai brut ne rapporte presque rien, alors que le transformer sur place crée de la valeur, des emplois et des devises. Le Nigeria extrait du fer, du plomb, du zinc, de l'or, mais l'essentiel part à l'état brut vers l'Asie ou l'Europe. Les usines locales, elles, tournent au ralenti faute d'équipements et d'électricité stable.
Le pays importe encore une grande partie de ses produits métalliques finis, des tôles aux profilés en passant par les pièces mécaniques. Une aberration pour les membres de la NMS, qui voient dans la transformation locale un levier direct pour réduire la facture d'importation et stabiliser le naira. Le secteur minier ne pèse aujourd'hui que moins de 1 % du PIB nigérian, selon les chiffres officiels, alors que le pays siège sur des réserves considérables. La société savante réclame donc un cadre fiscal incitatif, des infrastructures de transport adaptées et un partenariat solide entre universités et industriels pour former la main-d'œuvre technique.
Le gouvernement nigérian affiche depuis plusieurs années l'ambition de faire du secteur minier un pilier de la diversification économique. Des licences ont été réorganisées, des taxes revues, mais les investisseurs étrangers hésitent encore devant l'insécurité dans certaines zones minières et le coût de l'énergie. La NMS insiste : sans usines de transformation sur le sol nigérian, les minerais continueront de partir bruts et le pays continuera d'acheter à l'étranger ce qu'il pourrait produire lui-même. Un cercle vicieux que seule une politique industrielle volontariste peut briser.
La balle est désormais dans le camp des autorités. Les recommandations de la NMS rejoignent celles de plusieurs organisations patronales qui réclament un « contenu local » plus strict dans le secteur extractif. Le Nigeria a les minerais, la population et le marché. Il lui manque encore les usines, l'électricité et la logistique. Tant que ces trois maillons ne seront pas solides, le pays vendra ses richesses en vrac et importera des produits finis à prix d'or.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Cabotage : les armateurs nigérians dénoncent la lenteur des banques et de NIMASA
Réunis à Lagos, des experts maritimes pointent les conditions strictes des banques et le cadre réglementaire flou de NIMASA, qui retardent le décaissement du fonds cabotage et freinent la flotte locale.

StreetPay lance une app de paiement sans compte bancaire au Nigeria
StreetPay, développée avec 9 Payment Service Bank, permet de payer et d'être payé sans compte bancaire classique. Une réponse aux millions de Nigérians encore exclus du système formel.

UBA intègre Google Pay pour ses cartes Visa et Mastercard
United Bank for Africa devient la première banque nigériane à activer Google Pay pour les porteurs de cartes Visa et Mastercard, une avancée qui simplifie les paiements mobiles et le commerce en ligne.