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Cabotage : les armateurs nigérians dénoncent la lenteur des banques et de NIMASA

Réunis à Lagos, des experts maritimes pointent les conditions strictes des banques et le cadre réglementaire flou de NIMASA, qui retardent le décaissement du fonds cabotage et freinent la flotte locale.

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Rédaction SendXOF

Publié le 30 octobre 2026

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Cabotage : les armateurs nigérians dénoncent la lenteur des banques et de NIMASA

À Lagos, les professionnels du transport maritime ont une nouvelle fois haussé le ton. Ils visaient les banques et l'agence de sécurité maritime NIMASA, accusés de faire traîner le décaissement du Cabotage Vessel Financing Fund (CVFF). Ce fonds, créé pour aider les opérateurs nigérians à acheter des navires, reste bloqué dans les caisses. Résultat : la flotte locale stagne, et les armateurs continuent de louer des bateaux étrangers pour transporter le fret national.

Le mécanisme est pourtant simple sur le papier. NIMASA collecte une contribution sur chaque contrat de cabotage, puis reverse l'argent aux banques partenaires, qui le prêtent aux armateurs. Mais dans les faits, les conditions d'accès sont dissuasives : garanties colossales, taux d'intérêt élevés, délais interminables. Les experts réunis à Lagos parlent d'un système qui décourage même les plus solides. Pour la diaspora ouest-africaine qui investit dans le shipping, ces blocages pèsent sur la rentabilité des projets et sur le coût final des marchandises.

NIMASA, de son côté, promet des réformes depuis des années. Le cadre réglementaire reste flou, et les critères d'éligibilité changent au gré des directions. Les banques, elles, se retranchent derrière le risque. Elles prêtent à des taux à deux chiffres, quand le secteur navigue sur des marges étroites. Résultat : le CVFF, censé doper une flotte nationale, dort. Pendant ce temps, les armateurs nigérians regardent passer les cargaisons sous pavillon étranger.

La question n'est pas seulement technique. Elle touche à la souveraineté économique du Nigeria sur ses propres eaux. Sans flotte locale, le pays reste dépendant des transporteurs étrangers pour ses importations et ses exportations. Les experts de Lagos demandent une refonte du mécanisme : des taux plus bas, des garanties adaptées, et un calendrier de décaissement public. Faute de quoi, le cabotage nigérian continuera de naviguer à vue.

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